Cusco
Pérou
Introduction au site
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Bienvenue à Cusco.
Vous êtes à trois mille quatre cents mètres d'altitude, dans une ville qui a été la capitale du plus grand empire que l'Amérique ait connu. En quechua, la langue qu'on parle encore ici tous les jours, son nom s'écrit Qosqo et signifie « le nombril ». Pas le centre au sens géographique : le point d'attache, celui par lequel tout le reste tient.
Ce n'était pas une image. De la place où vous vous trouvez partaient quatre grandes routes, une vers chacune des quatre provinces de l'empire. Leur réunion donnait son nom à l'ensemble : Tawantinsuyu, « les quatre régions unies ». Sur ces routes circulaient des messagers à relais, les chasquis, capables de porter un ordre du Cusco jusqu'à Quito en une semaine. Il n'y avait ni roue, ni cheval, ni écriture — et pourtant l'information allait plus vite qu'en Europe à la même époque.
Un mot sur ce que vous allez voir, parce qu'il conditionne tout le reste. En novembre 1533, les Espagnols entrent dans la ville. Ils ne la rasent pas : ils s'installent dessus. Les palais incas deviennent des fondations, leurs murs deviennent des soubassements, et les églises se construisent sur les temples. Le résultat est une ville à deux étages historiques superposés, où la limite se lit à l'œil nu. Prenez l'habitude de regarder le bas des murs : jusqu'à hauteur d'épaule, ces blocs de pierre ajustés sans mortier sont incas ; au-dessus, l'adobe, les arcades et les balcons de bois sont espagnols.
Deux séismes ont validé cette lecture de la façon la plus brutale. En 1650, puis le 21 mai 1950, la ville a été gravement détruite. Les deux fois, les constructions coloniales se sont effondrées et les murs incas qui les portaient sont restés debout. Le tremblement de terre de 1950 a même fait tomber des pans de couvent en révélant, dessous, un temple inca intact que personne n'avait vu depuis quatre siècles — vous le visiterez au Qorikancha.
Vous verrez le nom de la ville écrit de trois manières : Cuzco, l'orthographe espagnole héritée de la colonie, Cusco, la graphie officielle aujourd'hui, et Qosqo, la forme quechua que la municipalité a adoptée en 1990. Les trois désignent le même lieu, et le choix entre elles est tout sauf neutre ici.
L'UNESCO a inscrit la ville au patrimoine mondial en 1983. Prenez votre temps : à cette altitude, marcher vite est le meilleur moyen de gâcher sa première journée.
Infos pratiques
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Quelques repères pour circuler à Cusco.
Comme à Arequipa, et contrairement au Machu Picchu, **il n'y a ni billet unique ni parcours imposé**. Mais Cusco a une particularité qu'il faut comprendre avant de payer quoi que ce soit : le **boleto turístico**, un billet groupé vendu par l'office régional du tourisme, le DIRCETUR, signalé sur la carte de ce guide.
Ce billet donne accès à une liste de sites — dont les quatre ruines des hauteurs, Sacsayhuamán, Q'enqo, Puka Pukara et Tambomachay, ainsi que plusieurs musées du centre. Il existe en version complète, valable une dizaine de jours, et en versions partielles moins chères, valables un ou deux jours et limitées à un groupe de sites. Le point important, celui que beaucoup de visiteurs découvrent trop tard : **la cathédrale, le Qorikancha et l'église de la Compagnie de Jésus n'y sont pas inclus.** Ils appartiennent à l'Église, pas à la région, et chacun a son propre billet, vendu sur place.
Les horaires demandent la même vigilance qu'ailleurs au Pérou : beaucoup d'églises ferment en milieu de journée et n'ouvrent qu'aux heures de messe. Vérifiez le jour même plutôt que de vous fier à un horaire lu la veille.
Sur les distances : tout le centre historique se fait à pied, mais **à pied et en montée**. Le quartier de San Blas et le belvédère de San Cristóbal se gagnent par des rues pavées très raides, avec des marches. Comptez large, et n'hésitez pas à prendre un taxi pour monter puis à redescendre à pied — c'est ce que font les habitants.
Pour les ruines des hauteurs, trois options : à pied depuis San Cristóbal jusqu'à Sacsayhuamán, une trentaine de minutes de montée ; en taxi ; ou en prenant un bus local en direction de Pisac, qui longe les quatre sites. Une pratique répandue consiste à monter en taxi jusqu'à Tambomachay, le plus éloigné, puis à redescendre les quatre sites à pied, dans le sens de la pente.
Côté saison : de novembre à mars, il pleut, souvent en fin d'après-midi et fort. De mai à septembre, le ciel est dégagé mais les nuits descendent près de zéro — le froid nocturne surprend beaucoup plus de visiteurs que la pluie. Si votre séjour tombe autour du 24 juin, sachez que la ville célèbre l'Inti Raymi, la fête du Soleil : les hébergements se remplissent des mois à l'avance et le centre est fermé à la circulation.
Enfin, l'altitude mérite ses propres explications : elles suivent dans la section dédiée de ce guide.
L'altitude et le soroche
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Cusco est à trois mille quatre cents mètres. C'est assez haut pour que le corps le remarque, et cela mérite deux minutes d'attention — d'autant que la plupart des désagréments se préviennent facilement.
Ce qu'on appelle ici le **soroche**, le mal des montagnes, tient à une seule cause : l'air contient moins d'oxygène par inspiration qu'au niveau de la mer. Le corps compense en respirant plus vite et en produisant davantage de globules rouges, mais ce second ajustement prend plusieurs jours. Entre-temps, les symptômes classiques sont le mal de tête, l'essoufflement au moindre escalier, la fatigue, le sommeil difficile et parfois la nausée. Ils touchent une bonne partie des visiteurs, sans rapport avec la condition physique — les sportifs y échappent aussi peu que les autres, parfois moins, parce qu'ils forcent davantage.
La prévention tient en quelques gestes. **Le premier jour, ne faites presque rien.** Arriver de Lima en avion le matin et attaquer Sacsayhuamán l'après-midi est l'erreur la plus courante. Buvez beaucoup d'eau, mangez léger, et laissez l'alcool de côté les vingt-quatre premières heures : l'effet d'un verre à cette altitude n'a rien à voir avec celui du même verre chez vous.
La **feuille de coca** est ici un usage quotidien et parfaitement légal, en infusion — le mate de coca, offert dans tous les hôtels — ou mâchée. C'est un stimulant doux, sans rapport avec le produit chimique qu'on en extrait. Il soulage la fatigue et le mal de tête chez beaucoup de gens. Une précision utile pour la suite du voyage : la consommation de feuilles de coca peut rendre positif un test de dépistage à l'étranger. Ce qui se pratique librement ici ne s'exporte pas.
Un point qui surprend souvent : **le Machu Picchu est plus bas que Cusco**, à deux mille quatre cents mètres environ. Si l'altitude vous gêne, descendre vers la vallée sacrée ou vers Aguas Calientes vous soulagera. Une stratégie courante consiste d'ailleurs à dormir les premières nuits dans la vallée sacrée, à deux mille huit cents mètres, et à remonter sur Cusco ensuite.
Enfin, sachez reconnaître ce qui n'est pas banal. Un mal de tête qui résiste à tout, une gêne respiratoire au repos, une confusion ou une toux persistante ne relèvent plus de l'acclimatation : il faut consulter et, dans ces cas-là, redescendre. C'est rare, mais les cliniques de Cusco connaissent parfaitement le sujet et disposent d'oxygène.
Le reste du temps, la seule vraie règle est de marcher lentement. Personne ici ne monte les rues au pas de course.
Points d'intérêt (26)
Entrée libre (14)
- Plaza de Armas / HaukaypataPlace d'Armes
- Piedra de los Doce ÁngulosLa pierre aux douze anglesLa pierre est dans le mur de la rue. Le musée d'art religieux, juste derrière ce mur, est payant.
- Plaza de San BlasPlace de San Blas
- Mirador Qosqo QhawarinaBelvédère de San Blas
- Acueducto de SapantianaAqueduc de Sapantiana
- Plaza de las NazarenasPlace des Nazarenas
- Templo de San Cristóbal / ColcampataÉglise San Cristóbal et ColcampataEsplanade, mur inca et panorama en accès libre. L'intérieur de l'église relève du circuit religieux de l'archevêché, payant.
- Plaza Regocijo / KusipataPlace Regocijo
- Basílica Menor y Convento de La MercedBasilique et couvent de La MercedÉglise en accès libre. Le cloître et le musée — dont l'ostensoir — sont payants.
- Templo y Convento de San Francisco de AsísÉglise et couvent Saint-FrançoisÉglise en accès libre. Le musée du couvent et la crypte sont payants (15 S/).
- Arco de Santa ClaraArc de Santa Clara
- Iglesia de Santa ClaraÉglise Sainte-ClaireN'ouvre en général qu'aux heures de messe, tôt le matin.
- Mercado Central de San PedroMarché central de San Pedro
- Templo de San Pedro ApóstolÉglise Saint-PierreÉglise paroissiale en activité, en dehors des offices.
Entrée payante (4)
- Catedral Basílica de la Virgen de la AsunciónCathédrale de CuscoBillet du circuit religieux de l'archevêché (25 S/). Non inclus dans le boleto turístico.
- Iglesia del TriunfoÉglise du TriompheMême billet que la cathédrale : l'entrée du groupe se fait par le Triomphe.
- Museo Machu Picchu — Casa ConchaMusée Machu Picchu — Casa Concha20 S/ plein tarif, 10 S/ étudiants et résidents péruviens.
- Museo Histórico Regional — Casa del Inca GarcilasoMusée historique régional — Maison de l'Inca GarcilasoInclus dans le boleto turístico.
Accès à vérifier (8)
- Iglesia de la Compañía de JesúsÉglise de la Compagnie de JésusAbsente de la liste officielle du boleto turístico ; billet propre, tarif non publié.
- Monasterio de Santa CatalinaMonastère Sainte-CatherineMusée du monastère, administré par le couvent de Santo Domingo — tarif non publié officiellement.
- Palacio Inka del KusikanchaPalais inca du KusikanchaSite du ministère de la Culture, sans billetterie publiée — accès à confirmer sur place.
- Qorikancha / Convento de Santo DomingoQorikancha et couvent Saint-DominiqueLe musée de site, sous l'esplanade, est inclus dans le boleto turístico ; le temple et le couvent relèvent des dominicains, avec leur propre billet — tarif non publié officiellement.
- Museo de Arte Religioso — Palacio ArzobispalMusée d'art religieux — Palais archiépiscopalProbablement inclus dans le circuit religieux de l'archevêché — à confirmer sur place.
- Templo de San BlasÉglise San BlasProbablement inclus dans le circuit religieux de l'archevêché — à confirmer sur place.
- Museo de Arte PrecolombinoMusée d'art précolombienMusée privé (fondation Larco) — tarif non publié officiellement.
- Museo Inka — Casa del AlmiranteMusée inca — Maison de l'AmiralMusée de l'université San Antonio Abad — tarif non publié officiellement.
Les sites incas des hauteurs (5)
Quatre sites incas sur la route de Pisac, entre 1,5 et 8 km au-dessus de la ville, de 3 550 à 3 700 m. Sacsayhuamán se rejoint à pied depuis San Cristóbal en une trentaine de minutes de montée ; les trois autres demandent un taxi, un bus ou une visite guidée. Tous sont couverts par le boleto turístico.
Entrée libre (1)
Circuits
Commodités
- informationOffice de tourisme officiel iPerú
- informationDIRCETUR — vente du boleto turístico
- marcheMercado de San Blas — casse-croûte du quartier
- marcheCentro Artesanal de Cusco — artisanat