Cusco

Acueducto de Sapantiana

Aqueduc de Sapantiana

Acueducto de Sapantiana — photographie
Photo : Ordzonhyd Rudyard Tarco Palomino CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

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Voici l'endroit le plus inattendu de Cusco : une série d'arches de pierre au fond d'un petit ravin verdoyant, à dix minutes du centre, et pourtant totalement à l'écart du circuit habituel.

Ce sont les vestiges d'un **aqueduc colonial**. Il captait l'eau du ruisseau qui descend de la montagne et l'amenait vers le couvent de la Recoleta et les quartiers hauts. Les grandes arches superposées enjambent le lit du torrent ; leur maçonnerie mêle des blocs de facture inca, récupérés dans les environs, à des pierres taillées à l'époque coloniale. En regardant les assises du bas, vous distinguerez sans peine les deux mains.

Le site avait été laissé à l'abandon pendant des décennies, envahi de végétation et de décharges sauvages. Il a été dégagé et aménagé en petit parc public à la fin des années 2010. Le résultat est un lieu calme, herbeux, où viennent surtout des Cusquéniens — c'est aussi l'un des endroits que les photographes de mariage de la ville préfèrent, ce qui vous vaudra peut-être de croiser une mariée en robe blanche au milieu des arches.

L'endroit fait comprendre une chose qu'on oublie devant les monuments : **une ville, c'est d'abord de l'eau**. Cusco est bâtie entre deux torrents, le Saphy et le Tullumayo, que les Incas avaient canalisés dans des lits de pierre taillée avant que la période coloniale ne les recouvre progressivement. Ce que vous voyez ici est la suite de cette histoire hydraulique, à une autre époque et avec une autre technique.

Pour y accéder depuis San Blas, il faut descendre vers le nord-est par des ruelles étroites, puis emprunter un escalier qui plonge dans le ravin. Ce n'est pas fléché de façon évidente et la pente est forte : chaussures correctes recommandées, et évitez juste après une grosse pluie, quand les marches deviennent glissantes.

Une observation en arrivant : posez la main sur l'une des grandes arches, puis levez la tête. Les blocs du haut sont plus petits et moins bien ajustés que ceux du bas. C'est le signe d'un ouvrage repris, réparé, complété au fil du temps — et non d'un chantier mené d'un seul tenant. Ce genre de lecture, ici, marche presque partout : à Cusco, les bâtiments se lisent de bas en haut comme on lit une chronologie.