Cusco

Tampu Mach'ay

Tambomachay

Tampu Mach'ay — photographie
Photo : McKay Savage from London, UK CC BY 2.0 · Wikimedia Commons

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On appelle ce lieu les **bains de l'Inca**. C'est un ensemble de terrasses et de murs adossés à la pente, traversés par une eau qui coule aujourd'hui exactement comme il y a cinq cents ans.

C'est là tout l'intérêt du site, et il faut prendre une minute pour le mesurer. L'eau vient d'une source située en amont, dont l'emplacement précis n'a jamais été identifié avec certitude. Elle est captée, conduite par des canaux souterrains taillés dans la roche, puis restituée par des becs de pierre aménagés dans les murs des terrasses. Ce dispositif **n'a jamais cessé de fonctionner**. Il n'a pas été restauré en état de marche : il n'a pas cessé. Ni les séismes, ni l'abandon, ni cinq siècles sans entretien organisé n'ont interrompu le débit.

Voici l'observation à faire, et c'est la meilleure du site : le canal principal se divise en deux, et l'eau ressort par deux becs distincts. **Regardez les deux jets et comparez leur débit.** Ils sont identiques. Cela suppose que le partage en amont soit d'une précision remarquable, sur un ouvrage entièrement souterrain que personne ne peut régler depuis l'extérieur. Des visiteurs s'amusent à remplir deux bouteilles en même temps pour vérifier : elles se remplissent ensemble.

La fonction du lieu était très probablement rituelle. L'eau tenait une place centrale dans la religion andine, et il existait un véritable culte des sources. Le nom espagnol de « bains » suggère un usage balnéaire ; l'hypothèse la plus solide reste celle d'un sanctuaire dédié à l'eau, éventuellement réservé au souverain et à sa suite, ce qui expliquerait la présence du relais de Puka Pukara juste en face.

Le site est petit — dix minutes suffisent à en faire le tour — mais c'est le plus haut et le plus éloigné des quatre, à environ huit kilomètres de Cusco et à près de trois mille sept cents mètres. Prévoyez de quoi vous couvrir : le vent y est froid même en plein soleil.

Un conseil de logistique, si vous voulez enchaîner les quatre sites : montez ici en taxi ou en bus, puis redescendez à pied vers Puka Pukara, Q'enqo et Sacsayhuamán. Vous ferez la totalité du parcours dans le sens de la descente, ce qui, à cette altitude, change tout.