Cusco

Templo de San Blas

Église San Blas

Templo de San Blas — photographie
Photo : Jorge Láscar from Australia CC BY 2.0 · Wikimedia Commons

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De l'extérieur, c'est la plus modeste des églises de Cusco : un petit édifice d'adobe blanchi à la chaux, sans tour, avec un simple clocher-mur. Elle abrite pourtant ce que beaucoup considèrent comme le plus beau travail de bois sculpté de tout le continent américain.

L'église a été bâtie vers 1560 sur l'emplacement d'un sanctuaire préhispanique dédié, dit-on, au dieu du tonnerre. C'est l'une des plus anciennes paroisses de la ville.

Ce qu'il faut voir est à l'intérieur, à droite : **la chaire**. Elle est taillée dans le bois de cèdre, et l'on affirme couramment qu'elle a été tirée d'un tronc unique. Elle est couverte, du pied au dais, d'une profusion de figures — évangélistes, apôtres, anges, feuillages, visages — sculptées avec une finesse extrême, en ronde-bosse et en relief profond. Prenez le temps : à trois mètres, on voit une masse ornementale ; à un mètre, on distingue les expressions des visages.

Deux choses accompagnent cette chaire et il faut les prendre pour ce qu'elles sont.

La première est l'**attribution**. On cite souvent le nom de Juan Tomás Tuyru Túpac, sculpteur indigène de la fin du dix-septième siècle, dont on connaît d'autres œuvres à Cusco. Cette attribution est probable mais discutée ; aucun document ne la démontre.

La seconde est la **légende**. Au sommet du dais, sous les pieds de la figure qui couronne l'ensemble, on distingue un **crâne humain**. La tradition raconte qu'il s'agit de celui du sculpteur lui-même, un homme atteint d'une maladie incurable, guéri après un vœu, qui aurait passé le reste de sa vie à tailler cette chaire et demandé qu'on y place sa tête. Cherchez le crâne : il est bien là, et il est bien humain. Le reste de l'histoire n'est pas vérifiable, et personne ici ne prétend le contraire — c'est un récit qu'on se transmet, pas un fait établi.

Le retable principal, doré et surchargé, mérite aussi un regard, mais il souffre de la comparaison. C'est le sort de tout ce qui se trouve dans cette église.

L'entrée est payante et incluse dans le billet religieux de la ville. Une précision utile : l'édifice est petit et les groupes s'y succèdent. Si vous arrivez au milieu d'un car, ressortez sur la place et revenez vingt minutes plus tard — vous serez peut-être seul.