Plaza de las Nazarenas
Place des Nazarenas

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Cette petite place, à deux cents mètres de la Plaza de Armas, est probablement l'endroit le plus paisible du centre historique. Aucune circulation, peu de commerces, et trois bâtiments qui valent chacun un regard.
Son nom vient du **beaterio des Nazarenas**, une maison de retraite religieuse fondée au dix-septième siècle pour des femmes qui voulaient vivre en communauté sans prononcer de vœux perpétuels. Ce statut intermédiaire — ni laïque, ni religieuse — était fréquent dans les villes coloniales et offrait aux femmes seules, veuves ou sans dot, à peu près la seule position sociale autonome disponible.
En face se dresse la **Casa Cabrera**, grande demeure coloniale à double patio, qui abrite aujourd'hui le musée d'Art précolombien. Et à l'angle, un ancien séminaire et un ancien monastère sont devenus des hôtels de luxe — l'un d'eux conserve son cloître, ses arcades et son cèdre planté au dix-septième siècle, visibles depuis l'entrée si vous poussez la porte poliment.
Le détail qu'il faut chercher est sur l'un des encadrements de porte de la place : **des serpents sculptés dans la pierre**. Ce sont deux amarus, les serpents qui, dans la cosmologie andine, appartiennent au monde d'en bas et à la circulation de l'eau. Ils ornent l'entrée d'une demeure coloniale chrétienne, taillés là par des artisans indigènes. Vous croiserez ce type de survivance partout dans la ville une fois que vous aurez appris à la repérer : un puma, un soleil, un motif de maïs glissés dans un décor européen.
La place elle-même repose sur des fondations incas. Le mur bas que vous longez en venant de la cathédrale, avec ses grands blocs verdâtres, appartenait à un enclos royal dont le nom exact reste discuté.
Traversez-la lentement, surtout tôt le matin. C'est l'un des rares endroits du centre où l'on entend ses propres pas, et l'un des seuls d'où l'on peut regarder une façade coloniale sans se faire bousculer. Puis entrez dans la Casa Cabrera : c'est le point suivant de ce guide, et son patio à lui seul justifie de pousser la porte.