Templo y Convento de San Francisco de Asís
Église et couvent Saint-François

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La place San Francisco est l'une des plus vivantes de Cusco, et l'une des moins touristiques. Étudiants assis sur les marches, vendeurs de jus, familles, marché aux fleurs certains jours : c'est une place d'habitants.
L'église et le couvent qui la dominent appartiennent aux franciscains, installés ici au seizième siècle. La façade est austère — pas de dorures, pas de sculptures profuses, une pierre grise et deux tours massives. C'est cohérent avec l'ordre, dont la règle est la pauvreté.
L'intérieur réserve pourtant deux choses hors norme.
La première est un **tableau immense**, peint au dix-septième siècle par Juan Espinoza de los Monteros, qui occupe un mur entier de l'escalier du couvent : une douzaine de mètres de haut. Il représente l'arbre généalogique de l'ordre franciscain, avec des centaines de personnages disposés dans les branches. On le présente souvent comme l'une des plus grandes toiles peintes d'Amérique du Sud. À défaut de pouvoir le prendre d'un regard, faites l'inverse : approchez-vous d'un coin et regardez un seul visage, puis reculez pour mesurer combien il y en a.
La seconde est en dessous : la **crypte**. Le couvent servait de lieu de sépulture, et les ossements exhumés lors des réaménagements successifs y ont été disposés — non pas rangés dans des caveaux individuels, mais **assemblés en motifs décoratifs**, fémurs et crânes alignés en frises. Cette pratique, qu'on retrouve dans plusieurs couvents d'Amérique espagnole et en Europe, n'a rien de macabre dans l'esprit de ceux qui l'ont mise en place : elle vise à rappeler au visiteur ce qu'il deviendra. Une inscription accompagne souvent ces ensembles, du genre « ce que tu es, nous l'avons été ». L'effet, en tout cas, est saisissant, et c'est une visite à éviter si vous êtes venu avec de jeunes enfants.
Le musée du couvent conserve par ailleurs une bibliothèque ancienne et des salles capitulaires ornées de toiles de l'école de Cusco.
Sur la place, cherchez le monument central : il rend hommage à un héros militaire du dix-neuvième siècle, et non à un personnage colonial. C'est le cas de la plupart des statues publiques de la ville — la mémoire officielle de Cusco s'arrête volontiers à la République et aux Incas, en passant vite sur les trois siècles du milieu.