Museo Inka — Casa del Almirante
Musée inca — Maison de l'Amiral

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La Casa del Almirante, la maison de l'Amiral, est l'une des plus belles demeures coloniales de Cusco, et elle abrite le musée archéologique de l'université de la ville.
Le bâtiment date du dix-septième siècle et doit son nom à l'amiral Francisco Aldrete Maldonado, qui l'a fait construire — sur des fondations incas, comme le reste du quartier. Le séisme de 1650 l'a sévèrement endommagée ; elle a été relevée aussitôt. Avant d'entrer, faites l'angle de la rue et regardez le **balcon d'angle** : la colonne qui le soutient est sculptée en forme de figure humaine barbue, qui semble porter tout l'étage sur sa tête. C'est un motif rare ici, et il a nourri toutes sortes de récits locaux sur l'amiral et sur ce qu'il aurait voulu représenter.
Les collections couvrent l'ensemble de la région, de l'époque préhistorique à la colonie. Trois ensembles se détachent.
Les **keros** d'abord, et c'est le point fort du lieu : le musée en conserve la plus importante collection connue. Un kero est un gobelet cérémoniel, en bois, évasé, toujours utilisé par paire. Boire ensemble dans deux keros identiques scellait un accord, une alliance, une hiérarchie — c'était un acte politique autant que social. Ceux de l'époque coloniale sont les plus parlants : on y voit apparaître, en laque de couleur, des chevaux, des soldats espagnols, des scènes de bataille. Un objet rituel inca continue d'être fabriqué pendant deux siècles après la conquête, et enregistre au passage l'arrivée des vainqueurs.
Les **textiles** ensuite. Dans le monde andin, le tissu était la richesse par excellence, plus prestigieux que le métal : on offrait des étoffes, on payait en étoffes, on brûlait des étoffes en sacrifice. Les pièces exposées permettent de mesurer ce que cela voulait dire techniquement — des densités de fils que le tissage industriel n'atteint pas.
Enfin les **momies**, présentées en position fœtale, entourées de leurs offrandes. La position n'est pas anecdotique : le mort était traité comme un vivant en attente, nourri, sorti pour les fêtes, consulté. C'est une conception de la mort très éloignée de la nôtre, et sans laquelle beaucoup de choses vues aujourd'hui resteraient incompréhensibles.
Comptez une heure. Les cartels sont en espagnol et en anglais, souvent brefs — mais les objets, eux, sont exceptionnels et faiblement mis en scène, ce qui les rend d'autant plus présents.