Mirador Qosqo Qhawarina
Belvédère de San Blas
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Ce belvédère porte un nom quechua qui décrit exactement sa fonction : **Qosqo Qhawarina**, « d'où l'on regarde Cusco ». C'est le meilleur endroit pour comprendre la forme de la ville, et il suffit de quelques minutes de montée depuis la place de San Blas.
Ce que vous avez sous les yeux : une mer de toits de tuiles rouges, resserrés, tous à peu près de la même hauteur, avec deux clochers qui dépassent — la cathédrale et la Compagnie de Jésus. Autour, les pentes vertes, et plus haut les crêtes. La ville tient entièrement dans une cuvette entre deux montagnes, traversée par une rivière aujourd'hui couverte.
Cette contrainte explique tout le reste. Cusco ne pouvait pas s'étendre : elle s'est densifiée. Les rues sont étroites parce qu'il n'y avait pas de place, et les quartiers grimpent sur les versants parce que le fond de vallée était plein depuis longtemps. Les constructions récentes que vous voyez sur les hauteurs, en brique nue, sont l'extension moderne du même problème.
De là-haut, cherchez la **Plaza de Armas** : elle se repère à la trouée verte au milieu du damier de toits. Puis prolongez du regard la ligne qui en part vers le sud-est — c'est l'avenue du Soleil, qui mène au Qorikancha. Vous verrez ensuite, en haut à gauche, la silhouette blanche du Christ de Sacsayhuamán, et sous lui les remparts en zigzag de la forteresse.
Une tradition tenace veut que Cusco ait été dessinée en forme de **puma**, l'animal couché, la tête formée par Sacsayhuamán et le corps par le centre historique. On la trouve dans les chroniques coloniales et elle est reprise partout ici. Depuis ce belvédère, certains la voient. Il faut de la bonne volonté, et les archéologues restent partagés : la question n'est pas tranchée de savoir si la forme est intentionnelle ou reconstruite après coup. Regardez, et faites-vous votre idée — c'est plus honnête que de vous dire que c'est évident.
Le meilleur moment est la fin d'après-midi, quand la lumière rase les toits et que les tuiles passent à l'orange. Deux précautions : la montée est raide et l'altitude se fait sentir, donc prévoyez large ; et redescendez avant la nuit tombée, les ruelles au-dessus de San Blas étant peu éclairées et peu fréquentées le soir.