Cusco

Templo de San Cristóbal / Colcampata

Église San Cristóbal et Colcampata

Templo de San Cristóbal / Colcampata — photographie
Photo : Cristian pezo CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

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Cette église blanche perchée au-dessus de la ville a été construite par un Inca. Le fait est suffisamment rare pour justifier la montée à lui seul.

Nous sommes sur le **Colcampata**, l'esplanade qui portait un palais royal inca et qui domine tout le centre. Après la conquête, le pouvoir espagnol installe sur le trône une série de souverains de complaisance. L'un d'eux, **Paullu Inca**, fils de Huayna Cápac et donc demi-frère d'Atahualpa et de Manco Inca, choisit une autre voie que la révolte : il coopère avec les Espagnols, les accompagne dans leurs campagnes, se fait baptiser sous le nom de Cristóbal, et reçoit en retour ce palais et le droit de conserver un rang.

C'est lui qui fait bâtir ici, au milieu du seizième siècle, une église dédiée à saint Christophe — le saint de son propre nom de baptême. Elle s'élève à côté de sa résidence, sur la terrasse de ses ancêtres.

On peut lire cette histoire de deux façons, et les deux ont cours à Cusco. Comme une trahison, ou comme la seule stratégie de survie disponible pour une lignée qui avait perdu la guerre. Paullu a protégé une partie de la noblesse inca, obtenu des privilèges pour ses descendants, et fait construire un bâtiment qui affirmait, à la vue de toute la ville, que sa famille était toujours là — mais sous une autre bannière.

Devant l'église, il reste un **grand mur inca** percé de niches trapézoïdales monumentales, dernier vestige du palais du Colcampata. Comptez-les : elles sont hautes d'un homme, alignées, et servaient probablement à exposer des objets ou des personnages lors des cérémonies.

De l'esplanade, la vue sur Cusco est panoramique et gratuite. C'est l'une des meilleures de la ville, moins fréquentée que le belvédère de San Blas parce qu'elle demande une montée plus longue.

C'est aussi d'ici que part le sentier vers **Sacsayhuamán** : une trentaine de minutes de marche en pente régulière, et vous êtes à l'entrée du site. Beaucoup de visiteurs paient un taxi pour un trajet qu'ils auraient pu faire à pied — à condition d'être acclimaté, parce que la pente monte encore de deux cents mètres.

Si vous montez en fin de journée, prévoyez de redescendre avant la nuit : la rue est raide, mal éclairée, et déserte une fois les visiteurs partis.