Cusco

Puka Pukara

Puka Pukara — photographie
Photo : ogwen CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

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Puka Pukara signifie « forteresse rouge » en quechua, et le nom lui a été donné pour sa couleur : la pierre calcaire dont elle est faite prend des teintes rougeâtres à la lumière du couchant, par oxydation du fer qu'elle contient.

C'est le plus modeste des quatre sites de cette route, et le plus utile pour comprendre le fonctionnement quotidien de l'empire.

Ce que vous voyez : un ensemble de terrasses, de murs, de petites places et de salles, disposé sur un promontoire qui commande la route. La maçonnerie est nettement moins soignée qu'à Sacsayhuamán ou au Qorikancha — pierres irrégulières liées à la terre, angles approximatifs. Cette différence n'est pas un défaut. Les Incas ajustaient la qualité de la construction à l'importance de l'édifice, et un bâtiment fonctionnel n'avait aucune raison de recevoir le traitement d'un temple. On lit le statut d'un site inca dans la finesse de son appareil.

La fonction la plus probable est celle d'un **tambo** : un relais d'étape sur le réseau routier impérial, le Qhapaq Ñan. Ces relais étaient répartis à intervalles réguliers le long des routes et servaient à la fois d'auberge pour les fonctionnaires en déplacement, d'entrepôt, et de poste de contrôle. Celui-ci surveille l'accès nord de Cusco : quiconque venait de la vallée sacrée passait sous ses murs.

Certains y ajoutent une fonction militaire, d'où le nom de forteresse. D'autres soulignent la proximité immédiate de Tambomachay, le site des sources, à quelques centaines de mètres : Puka Pukara aurait pu abriter la suite et l'escorte du souverain lorsqu'il se rendait aux bains. Les deux hypothèses coexistent.

Le vrai atout du lieu est le **point de vue**. Montez sur la terrasse supérieure et regardez vers le sud : la vallée s'ouvre en direction de Cusco, et l'on comprend immédiatement pourquoi on a bâti ici plutôt que cent mètres plus loin. Rien ne passe sans être vu.

Comptez vingt minutes de visite. Le site est couvert par le boleto turístico, il est à sept kilomètres de la ville, et il fait face à Tambomachay de l'autre côté de la route — les deux se visitent ensemble, en descendant ensuite vers Q'enqo et Sacsayhuamán si le souffle vous le permet.