Cusco

Catedral Basílica de la Virgen de la Asunción

Cathédrale de Cusco

Catedral Basílica de la Virgen de la Asunción — photographie
Photo : Jorge Manriquez P. CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

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La cathédrale de Cusco occupe tout le côté nord-est de la place. Ce n'est pas un bâtiment mais trois, accolés : la cathédrale au centre, l'église du Triomphe à droite, et à gauche la chapelle de la Sainte-Famille. On entre aujourd'hui par le Triomphe.

Sa construction a commencé en 1560 et s'est achevée en 1654 : **près d'un siècle de chantier**. Elle a été bâtie sur le Kiswarkancha, le palais de l'Inca Wiracocha, dont les fondations ont été réutilisées. Et la pierre elle-même a une provenance qui dit tout de l'époque : une grande partie des blocs a été prélevée sur **Sacsayhuamán**, la forteresse inca qui domine la ville. On démontait un monument pour en construire un autre, à deux kilomètres de là.

À l'intérieur, l'obscurité surprend. Prenez le temps d'accommoder. Trois choses méritent qu'on les cherche.

**Le Christ noir**, d'abord, le Señor de los Temblores — le Seigneur des Tremblements de terre. C'est le crucifix le plus vénéré de la ville. Lors du séisme de 1650, il fut porté en procession sur la place, et la secousse cessa : depuis, il est le patron protecteur de Cusco et sort chaque année le lundi saint. Sa couleur sombre est généralement attribuée aux siècles de fumée des cierges et à la suie.

**La Cène de Marcos Zapata** ensuite, peinte au dix-huitième siècle. C'est le tableau le plus photographié du Pérou, et il faut s'approcher pour comprendre pourquoi : au centre de la table, le plat servi au Christ et aux apôtres est un **cuy**, un cochon d'Inde rôti, pattes en l'air. À côté, on distingue des fruits andins et de la chicha. Ce n'est pas une plaisanterie de peintre : c'est l'école de Cusco, où des artistes indigènes formés par les Espagnols réintroduisaient discrètement leur propre monde dans l'imagerie chrétienne. Cherchez aussi le personnage de Judas — la tradition locale veut qu'il ait les traits de Francisco Pizarro.

**La cloche María Angola** enfin, dans la tour de gauche, l'une des plus grosses d'Amérique du Sud. Fondue au dix-septième siècle, elle passe pour contenir de l'or donné par les habitants, et l'on prétend qu'on l'entendait à quarante kilomètres. Le chiffre est invérifiable ; le son, lui, est bien réel si vous passez à l'heure.

Un dernier conseil : la photographie est interdite à l'intérieur, et cette interdiction est appliquée. Regardez plutôt.