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Machu Picchu

Pérou

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Introduction au site

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Bienvenue au Machu Picchu.

Vous vous apprêtez à entrer dans ce qui reste, cinq siècles plus tard, le témoignage le plus complet de l'architecture inca. On attribue traditionnellement sa fondation à Pachacutec, le souverain qui transforma un petit royaume de la vallée de Cusco en le plus vaste empire qu'ait connu l'Amérique précolombienne. Les datations au radiocarbone publiées en 2021 par l'équipe de Richard Burger, menées sur des ossements exhumés dès 1912, situent l'occupation du site entre 1420 environ et 1530 — soit une vingtaine d'années plus tôt que ne le laissaient penser les chroniques espagnoles. La plupart des chercheurs y voient non pas une forteresse ni une cité ordinaire, mais un domaine royal : une résidence de montagne bâtie pour l'Inca et sa cour, occupée par roulement, entretenue par quelques centaines de serviteurs venus de tout l'empire.

Environ deux cents constructions s'étagent ici sur une crête étroite, entre deux sommets, à deux mille quatre cent trente mètres d'altitude — bien plus bas que Cusco, ce qui rend le lieu plus facile à supporter qu'on ne l'imagine souvent. Le site n'a jamais été atteint par les conquistadors espagnols, et c'est ce qui explique son état : aucune église n'a été bâtie sur ses temples, aucune pierre n'a été réemployée pour une ville coloniale. Ce que vous allez voir a vieilli, mais n'a pas été transformé.

Le Machu Picchu fut pourtant abandonné, sans doute dans la seconde moitié du seizième siècle, alors que l'empire s'effondrait. Il ne fut jamais vraiment perdu pour autant : des familles de la région cultivaient encore ses terrasses au dix-neuvième siècle. Le fermier péruvien Agustín Lizárraga y grava son nom en 1902 — vous pourrez le chercher au Templo de las Tres Ventanas — soit neuf ans avant que l'Américain Hiram Bingham n'en rapporte les premières photographies et ne le fasse connaître au monde, en 1911.

Même son nom prête à discussion. En 2022, l'historien péruvien Donato Amado Gonzales et l'archéologue Brian Bauer ont montré, en recoupant archives coloniales et cartes anciennes, que les Incas appelaient très probablement ce lieu « Picchu », ou « Huayna Picchu ». Le nom de « Machu Picchu » ne s'y est fixé qu'à partir de Bingham : il désigne en réalité la montagne la plus haute des environs.

Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1983, le site doit son émotion particulière moins à chaque bâtiment pris isolément qu'à leur accord avec la montagne. Gardez-le en tête pendant votre visite : ici, l'architecture ne s'oppose jamais au relief, elle le prolonge.

Infos pratiques

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Quelques repères pour que votre visite se passe bien.

L'entrée se fait par créneau horaire, d'heure en heure de six heures du matin à quinze heures, selon l'horaire imprimé sur votre billet. Vous disposez d'une tolérance de trente minutes après l'heure indiquée, portée à quarante-cinq minutes pendant les mois de forte affluence, du premier juin au quinze octobre ainsi que les trente et trente-et-un décembre. Attention : les postes de contrôle des montagnes — Machu Picchu, Waynapicchu et Huchuy Picchu — n'accordent, eux, aucune tolérance. Si vous avez un billet de randonnée, présentez-vous à l'heure exacte.

La visite se fait en sens unique. Chaque circuit suit un tracé imposé, et il n'est permis ni de revenir en arrière, ni de s'écarter de l'itinéraire. Prévoyez donc de ne pas manquer un point : vous ne pourrez pas y retourner. Selon la route empruntée, le temps de présence maximum à l'intérieur est d'environ deux heures trente.

Le détail le plus souvent oublié : il n'y a aucune toilette à l'intérieur du site. Les seules se trouvent dans la zone d'entrée, avant les tourniquets, et elles sont payantes. Passez-y avant d'entrer. Il en va de même pour la restauration, disponible uniquement à l'extérieur.

Votre sac ne doit pas dépasser quarante par trente-cinq par vingt centimètres. Sont interdits à l'intérieur : la nourriture, les parapluies, les bâtons de marche, les trépieds, perches à selfie et autres stabilisateurs, les chaises pliantes, les drones, les instruments de musique et enceintes, ainsi que les chaussures à talons ou à semelle rigide. Les poussettes ne sont pas admises, et seuls les chiens guides sont acceptés.

Il est également interdit de monter sur les murs ou de s'y appuyer, et de toucher ou déplacer les pierres. Ces règles ne sont pas symboliques : les gardiens du parc les font appliquer, et une infraction peut entraîner une expulsion immédiate, sans remboursement.

Un point qui concerne directement ce guide : le règlement n'autorise l'usage d'applications qu'à l'arrêt, dans les aires d'explication prévues à cet effet — repérables sur les plans officiels par un « i » bleu — et jamais sur les passages étroits. Écoutez donc les commentaires à ces emplacements, puis rangez votre téléphone pour marcher. Vous profiterez mieux du lieu, et vous ne bloquerez pas le flux derrière vous.

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