Machu Picchu

7. Pirámide del Intiwatana

Pyramide de l'Intihuatana

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Voici l'Intihuatana, littéralement « l'endroit où l'on attache le soleil » en quechua. Ce bloc de granit sculpté à même la roche mère, dressé au sommet d'une petite pyramide à degrés, est la pierre la plus emblématique du Machu Picchu — et l'une des dernières de son espèce.

Précisons d'emblée ce qu'il n'est pas. La croyance populaire en fait un cadran solaire précis ; les chercheurs sont aujourd'hui beaucoup plus prudents et y voient avant tout un repère d'observation et un symbole rituel. Le pilier n'a pas été taillé pour mesurer une ombre avec exactitude, mais pour matérialiser un lien entre le sol du Machu Picchu et le ciel.

Ce lien passe d'abord par les montagnes. Les arêtes de la pierre sont orientées vers plusieurs sommets tenus pour sacrés — l'Apu Veronica, le Salcantay, le Huayna Picchu. Dans la pensée andine, ces sommets sont des apus, des entités vivantes auxquelles on rend hommage. L'Intihuatana ne pointe donc pas vers des directions abstraites : il désigne des divinités qui vous entourent en ce moment même. Placez-vous à distance et suivez du regard l'une des arêtes du pilier jusqu'à l'horizon.

Le phénomène le plus frappant est saisonnier. Deux fois par an, aux alentours du 11 novembre et du 30 janvier, le soleil de midi passe presque exactement à la verticale du pilier, qui ne projette alors quasiment aucune ombre. Des observateurs du ciel aussi attentifs que les Incas ne pouvaient pas l'ignorer.

Si cette pierre paraît exceptionnelle, c'est aussi parce que les autres ont disparu. Des Intihuatanas existaient dans tout l'empire ; les colonisateurs espagnols les ont systématiquement détruits, y voyant des supports de culte païen à éliminer. Celle-ci a survécu parce que personne, du côté espagnol, n'est jamais venu jusqu'ici.

Elle a pourtant été abîmée — et pas par les conquistadors. Le 8 septembre 2000, lors du tournage d'une publicité pour une marque de bière péruvienne, une grue de plusieurs centaines de kilos s'est renversée sur le monument et en a fait sauter un éclat, long de quelques centimètres. L'affaire a provoqué un scandale national et l'opérateur a été condamné à six ans de prison. Cinq siècles d'oubli l'avaient protégée ; il aura suffi d'un tournage publicitaire pour l'entamer. C'est aussi pour cette raison que l'accès à la pierre est aujourd'hui strictement encadré.