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Puno

Pérou

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Bienvenue à Puno.

Vous êtes à trois mille huit cent vingt-sept mètres, au bord du lac Titicaca. C'est le point le plus haut de tout ce guide — quatre cents mètres au-dessus de Cusco — et cela se sent dès les premiers pas.

Le lac qui s'étend devant vous est une anomalie géographique. Huit mille quatre cents kilomètres carrés, partagés entre le Pérou et la Bolivie, jusqu'à deux cent quatre-vingts mètres de fond, à près de quatre mille mètres d'altitude. On le présente couramment comme le plus haut lac navigable du monde, ce qui suppose de s'entendre sur « navigable » — retenez surtout qu'un bateau à vapeur de cent tonnes y circule depuis le dix-neuvième siècle, et vous verrez que ce n'est pas une formule creuse.

Ce lac n'est pas un décor : c'est un radiateur. Sa masse d'eau emmagasine la chaleur du jour et la restitue la nuit, ce qui adoucit de quelques degrés les rives et rend l'agriculture possible là où, sans lui, elle ne le serait pas. Toute la civilisation de l'altiplano tient à cette particularité. Les cultures pré-incas de Pukara puis de Tiwanaku se sont développées sur ces bords, et bien avant l'empire inca.

Pour les Incas eux-mêmes, ce lac est le lieu d'origine. Le récit le plus répandu veut que **Manco Cápac et Mama Ocllo**, fondateurs de la dynastie, aient émergé des eaux du Titicaca, envoyés par le Soleil, avant de marcher vers le nord jusqu'à ce qu'un bâton d'or s'enfonce dans le sol : c'est là qu'ils fondèrent Cusco. Vous êtes donc au point de départ mythique de tout ce que vous avez peut-être vu dans les Andes.

La ville, elle, est beaucoup plus jeune et beaucoup moins solennelle. Elle a été fondée en 1668, autour d'une histoire d'argent et de sang : les mines de Laykakota, toutes proches, avaient rendu les frères Salcedo si puissants qu'un vice-roi est venu en personne mettre fin à leur querelle, faire exécuter l'un d'eux et déplacer la population dans une nouvelle ville, San Carlos de Puno.

Un mot pour cadrer votre visite, et il est honnête : **le centre de Puno se parcourt en une demi-journée**. Ce qu'on vient chercher ici est sur l'eau et autour — les îles, les chullpas de Sillustani, les villages de la rive. Ce guide est construit ainsi : une ville modeste, et deux modules qui pèsent beaucoup plus lourd qu'elle.

Dernière chose : Puno se dit capitale folklorique du Pérou, et ce n'est pas de la publicité. Vous entendrez des fanfares répéter dans les rues à peu près toute l'année.

Infos pratiques

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Quelques repères pour circuler à Puno.

**Tout part de l'embarcadère.** Le Muelle de los Turistas, à une quinzaine de minutes à pied de la Plaza de Armas, est le point de départ de toutes les sorties sur le lac. Les Uros sont à vingt minutes de bateau, Taquile à deux heures et demie, Amantaní à trois heures et demie. Ces durées sont incompressibles : les bateaux sont lents, et c'est ce qui structure les journées ici. Une sortie « Uros seuls » tient en une demi-matinée ; « Uros et Taquile » occupe la journée entière ; Amantaní suppose en général une nuit chez l'habitant.

Sur les excursions, un conseil qui vaut de l'argent et du confort : réservez sur place, la veille, plutôt qu'à distance. Les agences de la ville vendent toutes à peu près les mêmes sorties, et vous pourrez demander la taille du groupe et le type de bateau — la différence entre une barque de vingt personnes et une de soixante est considérable sur trois heures de navigation.

**Pour Sillustani et Chucuito**, comptez une demi-journée chacun. Sillustani est à trente-quatre kilomètres, sans transport public direct : taxi ou excursion. Chucuito est à dix-huit kilomètres sur la route de Desaguadero, desservi par les minibus du terminal zonal sud — l'option la moins chère et la plus simple du guide.

**Les horaires du lac ne sont pas ceux de la ville.** Le vent se lève l'après-midi et la traversée devient nettement moins agréable ; les départs se font tôt, et ce n'est pas une coquetterie d'agence.

**Sur les liaisons** : Puno est un carrefour. Bus de nuit vers Cusco et Arequipa, train touristique vers Cusco une à deux fois par semaine, et deux passages vers la Bolivie — Desaguadero et Kasani, ce dernier menant à Copacabana. Si vous visez la Bolivie, vérifiez les conditions d'entrée avant de monter dans le bus, elles changent.

**Si votre séjour tombe dans la première quinzaine de février**, vous tomberez sur la Candelaria. C'est magnifique et c'est ingérable sans préparation : les hébergements se réservent des mois à l'avance et les prix doublent. Une section de ce guide y est consacrée.

Enfin, **l'altitude et le froid** méritent leur propre chapitre : ils suivent juste après. Retenez pour l'instant qu'aucune chambre d'hôtel n'est chauffée ici par défaut, et qu'il faut demander une bouillotte ou un radiateur d'appoint plutôt que de découvrir la question à vingt-trois heures.

L'altitude et le froid

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Puno est à trois mille huit cent vingt-sept mètres. C'est le point culminant de la plupart des voyages au Pérou, plus haut que Cusco de quatre cents mètres, et il vaut la peine de savoir ce que cela change.

D'abord l'oxygène. À cette altitude, chaque inspiration en apporte environ **un tiers de moins** qu'au niveau de la mer. Le mal des montagnes — le soroche — se manifeste par des maux de tête, un essoufflement à la moindre montée, un sommeil haché. Si vous arrivez de Lima ou d'Arequipa sans étape intermédiaire, prévoyez une première journée sans ambition. Si vous arrivez de Cusco, vous êtes déjà largement acclimaté, et Puno passera presque inaperçu.

Deux gestes simples : boire beaucoup plus que d'habitude, et laisser l'alcool de côté le premier soir. L'infusion de feuilles de coca, offerte partout, soulage réellement une bonne partie des gens.

Ensuite le froid, et c'est lui qu'on sous-estime. Nous sommes sous les tropiques, donc les températures ne dépendent presque pas de la saison — elles dépendent de **l'heure**. En plein soleil de midi, il fait bon, parfois chaud. Une heure après le coucher du soleil, il peut faire zéro. En juin et juillet, cœur de l'hiver austral et saison sèche, les nuits descendent régulièrement à moins cinq, parfois moins dix.

La conséquence pratique est simple : **habillez-vous par couches** et emportez-les toute la journée, y compris pour une sortie en bateau qui commence sous un grand soleil. Sur l'eau, le vent de l'après-midi retire dix degrés de ressenti.

Deuxième conséquence, moins évidente pour un visiteur européen : **les bâtiments ne sont pas chauffés**. Ce n'est pas une négligence, c'est la norme sur l'altiplano — on s'habille à l'intérieur comme à l'extérieur. Beaucoup d'hôtels fournissent une bouillotte ou un radiateur d'appoint, mais il faut demander. Si vous dormez chez l'habitant à Amantaní, prévoyez de dormir habillé : les couvertures sont épaisses et nombreuses, la pièce reste glaciale.

Enfin le soleil. À près de quatre mille mètres, sous un ciel sec et à cette latitude, le rayonnement ultraviolet est extrême, et la réverbération sur le lac le double. On attrape ici des coups de soleil sévères en une heure, par temps frais et sans sensation de chaleur. Chapeau, crème et lunettes ne sont pas du confort : ce sont les trois objets à ne pas oublier avant de monter dans un bateau.

La Candelaria

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Si vous êtes à Puno début février, vous n'aurez pas besoin qu'on vous explique ce qu'est la Candelaria : la ville entière est dedans. Sinon, voici ce que vous manquez — et pourquoi Puno se dit capitale folklorique du Pérou.

La **Fiesta de la Virgen de la Candelaria** est inscrite depuis 2014 au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Elle se tient autour du 2 février et s'étale sur près de deux semaines. Les chiffres donnent le ton : de l'ordre de **deux cents troupes** et **plusieurs dizaines de milliers de danseurs et musiciens**, dans une ville qui compte à peine cent trente mille habitants. Tout le monde ici danse, coud, répète ou finance quelque chose pour la Candelaria.

Sa structure est double, et c'est ce qui la rend passionnante. La fête est catholique : elle honore la Vierge de la Chandeleur, patronne de la ville, dont l'image est conservée au sanctuaire voisin du Parque Pino. Elle est en même temps profondément andine : elle tombe au cœur de la saison des pluies, au moment où l'on demande à la terre que les semailles tiennent, et beaucoup de ses gestes s'adressent à la **Pachamama** autant qu'à la Vierge. Personne ici ne vit ce double registre comme une contradiction.

Deux temps forts. La **veneración**, plus religieuse, avec les danses dites autochtones, jouées par les communautés rurales : flûtes de pan, tambours, costumes de laine, sikuris par dizaines. Puis le **concours de danses en costumes de lumières**, au stade, où l'on voit la diablada, la morenada, les caporales, la llamerada — broderies, paillettes, masques de diables aux yeux exorbités, et des costumes qui coûtent parfois plusieurs mois de salaire.

La **diablada** mérite un mot. Ce sont des diables masqués menés par un archange, chorégraphie née dans les mines de l'altiplano, où l'on négociait avec le maître du monde souterrain. Son origine est disputée entre le Pérou et la Bolivie, et le débat est vif des deux côtés de la frontière. La position raisonnable, tenue par la plupart des chercheurs, est qu'elle appartient à une aire culturelle aymara qui ignore la frontière moderne.

Un conseil si vous y êtes : réservez votre hébergement des mois à l'avance, et **ne cherchez pas à tout voir**. Postez-vous une heure sur le passage d'un défilé, laissez venir, et regardez autant les spectateurs que les danseurs.

Autour de vous
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Points d'intérêt (16)

Le lac et ses îles (4)

Uros à 20 minutes de bateau, Taquile et Amantaní à 2 h 30 et 3 h 30. Ce sont des excursions à la journée ou avec une nuit chez l'habitant, au départ de l'embarcadère — pas des étapes de la promenade en ville.

Autour de Puno (3)

Sillustani à 34 km au nord-ouest, Chucuito à 18 km au sud-est. Une demi-journée chacun, en taxi, en bus local ou en excursion organisée.

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