Parque Pino
Le parc Pino

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Ce parc en haut du jirón Lima est le vrai centre de la vie quotidienne à Puno — plus que la Plaza de Armas, qui appartient aux institutions et aux visiteurs.
Il porte le nom de **Manuel Pino**, officier puno originaire de la région, mort en 1880 à la bataille d'Arica pendant la guerre du Pacifique, ce conflit perdu contre le Chili dont le Pérou porte encore la mémoire. Sa statue occupe le centre du parc. Vous trouverez des monuments à ces héros militaires dans toutes les villes du pays : c'est la mémoire officielle la plus consensuelle du Pérou républicain.
Ce qu'on vient voir ici n'est pourtant pas la statue, c'est le parc lui-même, aux heures où il est plein : cireurs de chaussures installés sur leurs caisses, étudiants, vendeuses d'*emolientes* — ces boissons chaudes à base de plantes servies avant l'aube et le soir —, retraités qui parlent aymara sur les bancs, et souvent une fanfare qui répète pour la prochaine fête. Puno répète beaucoup : entre les fêtes patronales, les anniversaires d'écoles et la Candelaria, il y a presque toujours un cortège en préparation.
Sur un côté du parc se dresse **le sanctuaire de la Vierge de la Candelaria**, le lieu le plus important de la ville — c'est le point suivant de ce guide, et il n'a l'air de rien depuis ici.
Un détail de vocabulaire utile pour la suite du voyage : ce que vous voyez servir aux petits stands du parc s'appelle souvent *api* — une boisson épaisse de maïs violet, chaude, sucrée, parfois accompagnée d'un beignet. C'est le petit-déjeuner de l'altiplano, il coûte quelques pièces, et il tient au corps par un matin à zéro degré.
Une observation à faire ici plutôt qu'ailleurs : regardez les **chapeaux**. Les femmes des communautés aymaras du sud du lac portent le chapeau melon, le bombín, arrivé par les ouvriers du chemin de fer britanniques au dix-neuvième siècle et devenu vêtement traditionnel. Celles qui viennent du nord et de la région quechua portent plutôt un chapeau plat à larges bords, ou un montera brodé. La forme du chapeau dit d'où vient la personne, et ça se lit d'un banc de parc.