Mirador Puma Uta
Belvédère Puma Uta

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Ce belvédère domine Puno au nord, et il porte un nom qui dit exactement ce qu'on y trouve : **Puma Uta**, « la maison du puma » en aymara. Une grande sculpture de félin y monte la garde, face au lac.
Le puma n'est pas un ornement choisi au hasard. C'est l'animal du monde d'ici — celui du milieu, entre le monde d'en haut du condor et le monde d'en bas du serpent, dans la cosmologie andine. On le retrouve partout sur l'altiplano : dans les noms de lieux, dans les sculptures pré-incas de Pukara et de Tiwanaku, et jusque dans l'étymologie disputée du mot **Titicaca**, que beaucoup traduisent par « rocher du puma ».
Ce qu'on vient chercher ici est la vue, et elle est différente de celle du Kuntur Wasi, l'autre belvédère de la ville. D'ici, on embrasse **la baie et la sortie vers le grand lac** : on voit les bateaux quitter l'embarcadère, la ligne des totoras, ces roseaux qui bordent la rive, et par temps clair les îles au loin.
Prenez une minute pour observer la couleur de l'eau. Le long de la rive, elle est brune et peu profonde ; la baie de Puno fait à peine quelques mètres de fond, et elle est encombrée de roseaux. Plus loin, elle vire au bleu profond. Cette différence n'est pas qu'esthétique : la baie est aussi la partie la plus vulnérable du lac, celle où se concentrent les rejets de la ville et les problèmes de pollution que les autorités péruviennes et boliviennes tentent de traiter depuis des années. Un lac fermé, sans exutoire vers la mer, ne se nettoie pas tout seul.
L'accès se fait à pied depuis l'arc Deustua, en continuant à monter, ou en taxi. Comptez une vingtaine de minutes de marche depuis l'arc, en pente, à trois mille huit cents mètres — ce qui n'est pas anodin.
Deux conseils. Venez plutôt le matin : l'après-midi, le vent se lève et le belvédère devient franchement inconfortable. Et redescendez avant la nuit, les abords étant peu éclairés et peu fréquentés une fois les visiteurs partis.