Muelle de los Turistas
L'embarcadère
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Voici le point de départ de tout ce que vous ferez sur le lac. L'embarcadère des touristes s'étire au bout de la baie, à une quinzaine de minutes à pied du centre, et c'est d'ici que partent les bateaux vers les Uros, Taquile et Amantaní.
Arrivez-y un peu avant votre départ et prenez le temps de regarder autour de vous, parce que ce quai apprend trois choses.
**La totora**, d'abord. Ces grands roseaux qui couvrent la baie sur des centaines de mètres ne sont pas un décor : c'est la plante qui a rendu ce lac habitable. On en construit des îles et des barques, on en mange la base tendre, on en nourrit le bétail, on en fait des toitures. Toute la culture des Uros repose dessus, et vous la verrez à l'œuvre dans une heure. Regardez la découpe des chenaux dans les roselières : ce sont des routes.
**La profondeur**, ensuite. La baie de Puno ne fait que quelques mètres de fond, ce qui explique la lenteur des bateaux et leur tirant d'eau faible. Le grand lac, lui, descend à deux cent quatre-vingts mètres. Cette différence dessine deux mondes : la baie encombrée et vivante, et l'immensité froide au-delà.
**Les bateaux**, enfin. Vous verrez côte à côte des barques à moteur de bois peint, des vedettes rapides, et parfois des radeaux de totora montés pour les visiteurs. Ces derniers ne sont pas une invention touristique : c'est l'embarcation traditionnelle du lac, celle qui a inspiré à Thor Heyerdahl la construction de ses radeaux transocéaniques dans les années 1970 — il était venu chercher ici les constructeurs capables de les fabriquer.
Une remarque pratique, et elle compte. Les bateaux sont **lents** — huit à dix nœuds pour les plus courants. Taquile est à deux heures et demie, Amantaní à trois heures et demie, et ces durées ne se négocient pas. Prévoyez de quoi vous couvrir même par grand soleil : sur l'eau, le vent de l'après-midi enlève dix degrés de ressenti. Et prenez de l'eau, il n'y a rien à bord.
Un dernier détail à observer avant d'embarquer : le **niveau du lac**. Les habitants vous montreront volontiers où était la rive il y a vingt ans. Le Titicaca connaît des variations importantes, et les années sèches récentes l'ont fait baisser au point de laisser des embarcadères à sec.