Mirador Kuntur Wasi
Belvédère Kuntur Wasi

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Kuntur Wasi signifie « la maison du condor », et le nom est mérité : un **condor de pierre aux ailes déployées**, monumental, couronne cette colline au sud-ouest du centre. C'est le meilleur point de vue sur Puno et sa baie.
Le condor complète la triade andine dont le puma occupe l'autre belvédère de la ville. Dans cette cosmologie, il appartient au **hanan pacha**, le monde d'en haut, celui des forces célestes. Le trio condor-puma-serpent structure une part de l'imagerie andine, et vous le retrouverez sculpté, tissé et raconté dans toute la région du lac.
Il faut monter pour y arriver, et il faut le savoir avant de partir : l'escalier compte plusieurs centaines de marches. À trois mille huit cents mètres, ce n'est pas une promenade — comptez trois quarts d'heure en montant tranquillement, avec des pauses, et n'entreprenez pas l'ascension le jour de votre arrivée si vous venez du niveau de la mer. Un taxi monte par la route pour une somme modique, et beaucoup de visiteurs montent en voiture et redescendent à pied. C'est le bon sens.
De là-haut, la vue porte sur toute la **baie de Puno**, la ville étalée dans sa cuvette, les collines pelées qui la ceinturent, et le lac qui s'ouvre à l'est. Par temps clair, on distingue les îles des Uros comme des taches claires sur l'eau, et parfois, très loin au sud-est, la ligne des sommets de la cordillère royale de Bolivie.
C'est aussi le meilleur endroit pour saisir d'un regard ce qu'est vraiment Puno : une ville de brique et de tôle qui grimpe sur des versants secs, au bord d'une immensité bleue. Le contraste entre les deux est frappant, et il n'apparaît d'aucun autre point.
Le coucher de soleil y est le rendez-vous local, et c'est justifié : le soleil descend derrière les collines et la lumière prend le lac de face. Prévoyez alors des vêtements chauds — la température chute très vite dès que le soleil passe la crête — et redescendez en taxi plutôt qu'à pied par l'escalier, qui n'est pas éclairé.