Museo Municipal Carlos Dreyer
Musée Carlos Dreyer

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Ce petit musée municipal, sur le côté de la cathédrale, contient la plus belle collection d'objets de la région — et il est presque toujours vide.
Il porte le nom de **Carlos Dreyer**, un peintre et collectionneur allemand installé à Puno dans la première moitié du vingtième siècle. Il a réuni pendant des décennies céramiques, textiles, pièces d'orfèvrerie et peintures coloniales, et la ville a acquis l'ensemble à sa mort. C'est un musée d'amateur devenu musée public, avec les qualités et les défauts que cela suppose : des pièces remarquables, un accrochage inégal.
Ce qu'il faut voir en priorité se trouve dans la salle du trésor : les **objets d'or et d'argent provenant de Sillustani**, mis au jour dans les chullpas que ce guide vous fera visiter. On y trouve des coupes, des ornements, des plaques travaillées, dans un état de conservation qui tient au climat sec de l'altiplano. Ces pièces disent une chose importante : les seigneurs enterrés dans ces tours de pierre n'étaient pas des chefs de village, mais l'élite d'un royaume — celui des **Colla**, qui dominait le nord du lac avant l'arrivée des Incas.
Le reste du parcours couvre les cultures qui se sont succédé ici : **Pukara**, la plus ancienne, avec ses sculptures de pierre et ses céramiques ; **Tiwanaku**, dont le centre est sur la rive bolivienne ; puis l'occupation inca, tardive et relativement brève. On y voit aussi de la peinture coloniale et du mobilier.
Un mot pour situer ce que vous regardez, parce que le musée l'explique mal. La région du lac n'a pas été « conquise » par les Incas au sens d'une intégration paisible : le royaume colla s'est soulevé plusieurs fois, et les chroniques rapportent des répressions massives au quinzième siècle. L'altiplano n'était pas une périphérie de l'empire, c'était sa frontière la plus difficile.
Comptez trois quarts d'heure. Les cartels sont en espagnol, souvent laconiques, mais les objets se passent de commentaire.
Un conseil de programme : visitez ce musée **avant** d'aller à Sillustani, pas après. Vous verrez d'abord ce que les tours contenaient, et vous marcherez ensuite entre des monuments dont vous saurez qu'ils ont été vidés — ce qui change complètement l'impression qu'ils produisent.