Puno

BAP Coya

Le vapeur Coya

BAP Coya — photographie
Photo : Ciudades CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

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À quelques centaines de mètres du Yavarí, un second vapeur historique flotte dans la baie : le **Coya**, construit en 1892 dans les chantiers de Hull, en Angleterre.

Son histoire est celle du Yavarí, en plus tardif et un peu moins héroïque. Même principe : navire assemblé en Angleterre, démonté, expédié en pièces, remonté sur le lac. Mais trente ans ont passé, et entre-temps le **chemin de fer** est arrivé jusqu'à Puno — la ligne d'Arequipa, ouverte en 1874, puis prolongée. Les caisses n'ont donc plus eu à franchir les Andes à dos de mule : elles sont montées par le train. C'est tout le dix-neuvième siècle andin qui tient dans cet écart de trois décennies.

Le Coya a servi de transport de passagers et de courrier sur le lac, à l'époque où la navigation était le moyen le plus rapide de relier Puno aux ports boliviens — bien plus rapide que les pistes de l'altiplano. Cette période, entre la fin du dix-neuvième siècle et le milieu du vingtième, est celle où le Titicaca était une véritable voie de communication internationale, avec horaires, billets et compagnie maritime.

Puis la route et l'avion ont vidé ces lignes de leur intérêt, et les vapeurs ont été désarmés.

Le Coya a été restauré et transformé en **restaurant flottant**. C'est une reconversion qu'on peut trouver dommage — le navire ne navigue plus et sa machine ne tourne pas — mais qui a au moins l'avantage d'avoir sauvé la coque. Beaucoup de bateaux de cette flotte ont fini à la découpe.

Ce qu'il faut en retenir, plutôt qu'une visite : ces deux navires racontent ensemble une chose qu'on ne soupçonne pas en regardant le lac. Le Titicaca a été, pendant près d'un siècle, **un lac industriel** — avec des vapeurs à horaires réguliers, un port, une capitainerie, des compagnies concurrentes et du fret. L'image de carte postale, roseaux et barques traditionnelles, occulte complètement cette page-là.

Si vous n'avez le temps que d'un seul des deux, choisissez le Yavarí : il est plus ancien, sa machine tourne, et son histoire de transport à dos de mule est incomparable. Le Coya se regarde très bien depuis la rive.