Puno

Chullpas de Sillustani

Les chullpas de Sillustani

Chullpas de Sillustani — photographie
Photo : Unukorno CC BY 3.0 · Wikimedia Commons

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Sillustani est le site archéologique le plus impressionnant de la région, et l'un des plus étranges du Pérou : une presqu'île nue au-dessus d'une lagune, hérissée de **tours funéraires** dont certaines dépassent douze mètres.

Ces tours s'appellent des **chullpas**. Elles abritaient les morts d'une élite — pas des tombes individuelles, mais des chambres familiales ou lignagères, où les corps étaient déposés en position fœtale, enveloppés, entourés d'offrandes de céramique, de textiles et de métal. L'ouverture, toujours petite et **orientée vers l'est**, permettait d'entrer y déposer un nouveau défunt et de faire des offrandes ; elle regardait le lever du soleil.

Les plus anciennes sont l'œuvre des **Colla**, le royaume aymara qui dominait le nord du lac avant l'arrivée des Incas au quinzième siècle. Leurs chullpas sont en pierre grossièrement appareillée, parfois circulaires, parfois carrées. Puis les Incas ont pris la région — et le site montre exactement ce que cette conquête a changé : les chullpas tardives sont bâties en blocs finement ajustés, sans mortier, dans la technique impériale que vous avez peut-être vue à Cusco.

Cherchez trois choses.

**La forme.** Beaucoup de ces tours sont **plus larges en haut qu'en bas**, ce qui est contre-intuitif et techniquement difficile. On ne sait pas avec certitude pourquoi. Les explications avancées vont du symbolique — un utérus, une forme qui protège — à la simple recherche d'une saillie contre la pluie. Aucune n'est démontrée.

**Le lézard.** Sur l'une des grandes chullpas, une pierre porte un lézard sculpté en relief. Il a donné son nom à la tour. Cherchez-le : il est petit, à hauteur d'homme, et la plupart des visiteurs passent devant sans le voir.

**La chullpa inachevée.** Une tour est restée en construction, avec la **rampe de terre** qui servait à monter les blocs encore visible à son pied. C'est un document rare : on voit la méthode, pas seulement le résultat.

Toutes ont été pillées, dès l'époque coloniale. Les objets d'or et d'argent exposés au musée Dreyer, à Puno, viennent d'ici — d'où l'intérêt de visiter le musée avant le site.

Le décor achève l'affaire : la **lagune Umayo**, en contrebas, et sa table rocheuse. Le site est à trois mille neuf cents mètres, en plein vent, sans ombre. Chapeau, eau et coupe-vent, même par grand soleil.