Puno

Museo de la Coca y Costumbres

Musée de la coca et des costumes

Chargement de l'audio…

Ce petit musée privé, à deux pas de la Plaza de Armas, tient en deux salles et traite deux sujets qui n'ont l'air d'avoir aucun rapport : la feuille de coca et les costumes de danse. C'est l'un des plus instructifs de la ville.

**La coca d'abord.** La plante est cultivée dans les Andes depuis plusieurs milliers d'années, et son usage n'a longtemps rien eu de récréatif : on mâche les feuilles avec une pincée de cendre alcaline, ce qui libère de faibles quantités d'alcaloïdes, coupe la faim, atténue la fatigue et le mal d'altitude. C'est un outil de travail à quatre mille mètres. C'est aussi un objet rituel : on offre des feuilles à la terre, on les lit pour répondre à une question, on en dépose avant d'ouvrir une mine ou de bâtir une maison.

Le musée raconte ensuite ce que la colonisation en a fait. Les Espagnols ont d'abord voulu l'interdire comme superstition, puis ont compris qu'elle permettait aux mineurs de Potosí de tenir des journées entières — et l'ont **taxée** au lieu de l'interdire. C'est un retournement instructif : la coca est devenue une source de revenu de la couronne.

Et il aborde enfin la question qui fâche : la distinction entre la feuille et la **cocaïne**, alcaloïde isolé chimiquement au dix-neuvième siècle en Europe. La feuille est légale au Pérou et en Bolivie, l'objet de politiques internationales complexes, et les positions des deux pays diffèrent de celles des conventions onusiennes. Une précision utile pour la suite de votre voyage : la consommation de feuilles peut rendre positif un test de dépistage à l'étranger. Ce qui se pratique librement ici ne s'exporte pas.

**Les costumes ensuite.** La seconde salle expose les tenues des grandes danses de l'altiplano — diablada, morenada, caporales, llamerada — avec, pour chacune, ce que les éléments signifient. Le masque du diable, les chaînes de la morenada qui évoquent l'esclavage africain dans les mines, la peau claire et le nez démesuré de certains personnages qui caricaturent le colon espagnol.

C'est là que les deux salles se rejoignent : dans un cas comme dans l'autre, il s'agit de ce que les sociétés andines ont fait de la domination coloniale — l'absorber, la détourner, la danser.

Comptez trois quarts d'heure. La visite est guidée, souvent par le propriétaire, et il faut aimer qu'on vous parle.