Puno

Jirón Lima

Le jirón Lima

Jirón Lima — photographie
Photo : Ordzonhyd Rudyard Tarco Palomino CC BY 4.0 · Wikimedia Commons

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Cette rue piétonne part de la Plaza de Armas et monte vers le Parque Pino sur quelques centaines de mètres. C'est l'artère de Puno, et à peu près le seul endroit où la ville se montre le soir.

En journée, le jirón Lima est une rue commerçante ordinaire : agences de voyages, boutiques d'artisanat, pharmacies, changeurs. À la tombée du jour, il change de fonction. Les habitants y descendent en famille, les restaurants sortent leurs ardoises, les rabatteurs des pizzerias — il y en a un nombre étonnant — se disputent les passants, et les groupes de musiciens s'installent.

Cette promenade du soir a un nom et une longue histoire dans les villes andines : on sort marcher lentement, on se salue, on regarde qui est là. Ce n'est pas une animation touristique, même si le tourisme s'y est greffé : c'est l'usage normal d'une rue centrale dans une ville où les distractions d'intérieur sont rares et les logements peu chauffés.

Deux choses à y chercher.

**L'artisanat textile**, d'abord, et c'est ici qu'il faut apprendre à regarder avant d'acheter. Sur l'altiplano, on trouve trois qualités très différentes vendues côte à côte : l'acrylique, la laine de mouton, et l'**alpaga**, plus doux, plus léger, nettement plus cher. Le vrai alpaga ne gratte pas, ne brille pas d'un éclat plastique, et ne coûte jamais le prix affiché sur un étal de rue à touristes. Les pièces de Taquile, tricotées à la main sur l'île, se reconnaissent à leur finesse.

**Les restaurants**, ensuite, avec un conseil qui vaut ici plus qu'ailleurs : cherchez ce qui vient du lac. La **trucha**, la truite d'élevage du Titicaca, est le plat de la région, et il est excellent. Vous verrez aussi le **pejerrey**, un poisson introduit au vingtième siècle. En revanche, méfiez-vous des cartes de vingt pages qui promettent aussi bien des sushis que des lasagnes.

Une observation en marchant : levez les yeux au-dessus des devantures. Plusieurs immeubles conservent leurs **balcons de bois** du début du vingtième siècle, quand le commerce de la laine faisait la fortune de Puno et que la ville s'ouvrait au monde par le chemin de fer d'Arequipa. Sous les enseignes lumineuses, c'est encore cette ville-là qui tient debout.