Basílica y Convento de San Pedro
Basilique Saint-Pierre
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De l'extérieur, cette église est presque banale : une façade sobre, deux tours basses, une pierre grise. À l'intérieur, c'est l'ensemble baroque le mieux conservé de Lima.
Elle a été consacrée en 1638 et appartenait aux **jésuites**, dont c'était l'église principale au Pérou. Elle a bien mieux traversé les séismes que ses voisines, ce qui explique son état : ce que vous voyez est en grande partie d'origine, alors que la plupart des intérieurs liméniens ont été refaits après 1746.
Prenez le temps de laisser vos yeux s'habituer, puis regardez dans l'ordre. **Le retable principal**, monumental, entièrement doré à la feuille. **Les autels latéraux**, une vingtaine, chacun consacré à un saint ou à une confrérie, tous dorés eux aussi. **Les azulejos sévillans** qui tapissent le bas des murs. Et **les plafonds à caissons** de bois, d'inspiration mudéjare — c'est-à-dire hispano-musulmane —, dont le dessin géométrique n'a rien de chrétien et tout d'un art andalou transporté ici.
L'ensemble donne une impression d'accumulation étouffante. C'est voulu. L'esthétique jésuite du dix-septième siècle recherchait l'effet de saturation : l'or, la lumière des cierges, l'encens et la musique devaient produire une expérience sensorielle totale, dans laquelle le fidèle se sentait entrer dans un autre monde.
Deux éléments d'histoire accompagnent le lieu.
Le premier est la **fin brutale** des jésuites en Amérique : en 1767, le roi d'Espagne les expulse de tous ses territoires, en quelques semaines, sans préavis. Des centaines d'hommes embarqués de force, des collèges fermés, des bibliothèques dispersées. Cette église est restée, mais son ordre a disparu du continent pendant des décennies.
Le second est une **cloche**. On raconte à Lima que c'est celle de San Pedro qui a sonné pour annoncer la proclamation de l'indépendance en 1821. Le récit est répandu et souvent repris sur place ; il ne repose pas sur une source unique indiscutable, alors prenez-le comme une tradition de la ville.
Une observation pour finir : cherchez, dans une chapelle latérale, les vitrines contenant des **reliquaires**. Elles sont typiques d'une époque où l'on collectionnait les fragments de saints comme d'autres collectionnaient les tableaux, et elles rappellent utilement à quel point cette dévotion était matérielle, concrète, tactile.