Lima

Basílica y Convento de San Francisco de Asís

Basilique et couvent Saint-François

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C'est le monument le plus visité du centre de Lima, et il le mérite — mais pas seulement pour la raison qui attire les foules.

L'ensemble franciscain, achevé au dix-septième siècle, est immense : église, couvent, plusieurs cloîtres. Il a remarquablement résisté au séisme de 1746, ce qui en fait l'un des rares ensembles largement d'origine.

Trois choses à voir, dans l'ordre d'intérêt croissant selon les goûts.

**Les azulejos du cloître principal**, d'abord : des carreaux de céramique sévillans posés vers 1620, qui tapissent les murs sur toute la hauteur des galeries. Ils sont vieux de quatre cents ans et n'ont jamais été remplacés.

**La bibliothèque** ensuite, et c'est peut-être le plus beau lieu de Lima. Une longue salle de bois sombre, deux niveaux de rayonnages, des échelles, et des milliers de volumes anciens — dont des ouvrages du seizième siècle et des incunables. On la voit depuis une passerelle, sans pouvoir toucher. L'odeur, à elle seule, vaut le passage.

**Les catacombes** enfin, la raison pour laquelle la file d'attente s'étire dehors. Le couvent servait de cimetière à la ville avant la création des cimetières municipaux au dix-neuvième siècle. On estime que les restes de plusieurs dizaines de milliers de personnes y reposent. Les ossements ont été rassemblés dans des fosses circulaires, et **disposés en motifs géométriques** : des cercles concentriques de crânes et de fémurs alternés, au fond de puits maçonnés.

Il faut savoir que cette disposition est **postérieure** aux inhumations. Elle a été réalisée lors des dégagements du vingtième siècle, quand le site a été aménagé pour la visite. Les os n'ont pas été rangés ainsi par les moines : ce sont des restes accumulés puis triés et mis en scène. Cela n'enlève rien à l'impression, mais mieux vaut le savoir.

La visite des catacombes se fait **uniquement en groupe guidé**, à horaire fixe, dans des couloirs bas et étroits. Prévoyez de l'attente en haute saison, évitez si vous êtes claustrophobe, et sachez que la photographie y est interdite.

Sur la place devant l'église, les pigeons sont une institution locale : on vend des grains, les enfants courent, et c'est l'une des images les plus familières de Lima. Regardez aussi la **façade** avant d'entrer — son portail de pierre sculptée, très ouvragé, est l'un des rares de la ville à avoir traversé les séismes sans être refait.