Plaza de Toros de Acho
Arènes d'Acho
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Ces arènes ocre, de l'autre côté du fleuve, sont les plus anciennes du continent américain et parmi les plus anciennes du monde encore en activité. Elles ont été inaugurées en 1766, dix ans avant l'indépendance des États-Unis.
Le bâtiment est en adobe et en brique, avec des gradins de bois. Sa taille est considérable : plusieurs milliers de places. Il a été construit à l'écart du centre, de l'autre côté du pont, pour la même raison que les théâtres et les cabarets s'installaient là — le quartier du Rímac était l'espace des divertissements, tolérés à distance de la ville officielle.
La saison taurine se tient en octobre et novembre, associée aux fêtes du Seigneur des Miracles. Elle attire des toreros espagnols et péruviens et reste, pour une partie du public liménien, un rendez-vous social important.
Il faut dire les choses telles qu'elles sont : **la corrida est aujourd'hui contestée au Pérou**, comme ailleurs. Des campagnes demandent régulièrement son interdiction, des recours ont été portés devant les tribunaux, et l'opinion est divisée, souvent selon les générations. Les partisans invoquent une tradition de deux siècles et demi et une activité économique ; les opposants, la souffrance animale. Ce guide ne tranche pas : sachez simplement que vous êtes devant un bâtiment qui fait débat dans son propre pays, et que la question se pose ici comme en France.
Que vous alliez ou non à une corrida, les arènes se visitent hors saison, et un **musée taurin** occupe une partie du bâtiment. Il conserve des costumes brodés, des affiches anciennes, des têtes de taureaux célèbres, et surtout une pièce inattendue : des dessins de **Francisco de Goya** sur le thème de la tauromachie. Leur présence à Lima s'explique par les collections privées péruviennes du dix-neuvième siècle, à une époque où la bourgeoisie locale achetait de l'art européen.
L'arène elle-même se visite lorsqu'elle est vide, et l'expérience est étrange : un cercle de sable silencieux, des gradins de bois usés par deux cent cinquante ans de spectateurs, et une acoustique qui renvoie le moindre bruit de pas.
Comme pour tout le quartier du Rímac : venez en journée, de préférence en taxi commandé, et ne prolongez pas à pied vers les rues arrière.