Lima

Parque de la Muralla

Parc de la Muraille

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Ce parc en longueur, au bord du fleuve, contient les vestiges de la **muraille de Lima** — un ouvrage de dix kilomètres qui a entouré la ville pendant deux siècles et dont presque plus personne ne soupçonne l'existence.

Elle a été construite dans les années 1680, sur ordre du vice-roi, pour une raison précise : les **pirates**. L'Atlantique et le Pacifique étaient parcourus par des corsaires anglais et hollandais qui pillaient les ports espagnols, et Lima, capitale la plus riche du continent, était une cible évidente. Francis Drake était passé un siècle plus tôt.

La muraille n'était pas de pierre mais d'**adobe**, brique de terre crue, avec des bastions en pointe selon les principes de fortification européens de l'époque. Elle a fait le tour de la ville sur trois côtés, le quatrième étant protégé par le fleuve.

Elle n'a jamais servi. Aucune attaque de pirates n'est venue par la terre, et elle est devenue au dix-neuvième siècle un obstacle à l'expansion urbaine. Elle a été démolie dans les années 1870, à une époque où le Pérou, enrichi par le guano, voulait une capitale moderne à la française avec de grandes avenues. Il n'en est resté que des tronçons enfouis.

Le parc, aménagé en 2006, a mis au jour et consolidé une partie de ces tronçons. Vous pouvez marcher le long du mur, voir sa section, comprendre son épaisseur, et un petit musée de site en explique le tracé. C'est aussi l'un des rares espaces verts calmes du centre historique.

Le parc abrite une pièce dont le déplacement est en soi une histoire politique. La **statue équestre de Francisco Pizarro** trônait sur la Plaza Mayor depuis des décennies. En 2003, la municipalité l'en a retirée, au motif qu'il n'était pas convenable qu'un conquistador domine à cheval le cœur symbolique d'un pays majoritairement indigène et métis. Elle a été installée ici, à l'écart, dans un coin du parc. Elle y est toujours, et la décision continue de faire débat.

Allez la voir : c'est un exercice intéressant de regarder une statue déplacée. Elle n'a pas été détruite ni cachée, mais rétrogradée — sortie du centre, privée de son socle d'honneur, exposée parmi des ruines de fortification.

Depuis le parc, la vue porte sur le fleuve Rímac, le pont de pierre, et de l'autre côté le quartier du Rímac avec ses collines. C'est le meilleur point pour comprendre la géographie de la ville ancienne.