Lima

Palacio de Gobierno

Palais du gouvernement

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Ce palais est la résidence du président de la République. C'est aussi, et depuis le premier jour, le terrain que Francisco Pizarro s'était attribué en fondant la ville.

On l'appelle encore la **Casa de Pizarro**. Le conquistador y a fait bâtir sa maison en 1535, sur un emplacement qui n'avait rien de neutre : il occupait le palais d'un chef local, le curaca de la vallée du Rímac. Comme à Cusco, le pouvoir espagnol s'est installé exactement là où était le pouvoir précédent.

C'est ici, dans cette maison, que Pizarro a été **assassiné le 26 juin 1541**. Une vingtaine d'hommes du camp d'Almagro, son ancien associé qu'il avait fait exécuter trois ans plus tôt, ont forcé l'entrée pendant le déjeuner. La plupart de ses convives se sont enfuis par les fenêtres. Il s'est défendu l'épée à la main avant de tomber. Six ans après la fondation, le fondateur était mort assassiné dans son propre palais par ses compagnons de conquête — c'est le résumé le plus honnête de ce que fut la première décennie de la colonie.

Le bâtiment que vous voyez ne date évidemment pas de là. Il a brûlé, s'est effondré aux séismes, a été reconstruit plusieurs fois, et sa façade actuelle a été achevée en 1938 dans un style néo-baroque emprunté à l'Europe. Elle ne cherche pas à imiter le colonial : elle cherche à impressionner.

Le rendez-vous quotidien est la **relève de la garde**, vers midi, devant les grilles. Elle est assurée par les hussards de Junín, un régiment dont l'uniforme rouge et blanc, les bottes hautes et les sabres viennent tout droit du dix-neuvième siècle. La cérémonie dure une bonne demi-heure, avec fanfare. C'est très codifié, très lent, et cela remplit la place de monde : si vous voulez voir, placez-vous contre les grilles vingt minutes avant.

L'intérieur se visite sur inscription préalable, en visite guidée, avec pièce d'identité. Les salons d'apparat sont spectaculaires, mais l'organisation est administrative et les créneaux limités — renseignez-vous plusieurs jours à l'avance si le sujet vous intéresse.

Un détail à observer depuis la place : les **balcons du palais sont ouverts**, à la différence de ceux du palais de l'archevêque en face. C'est de l'un d'eux que les présidents péruviens s'adressent traditionnellement à la foule. Un balcon fermé cache ; un balcon ouvert gouverne.