Lima

Museo Pedro de Osma

Musée Pedro de Osma

Chargement de l'audio…

Cette demeure blanche entourée d'un jardin, à l'écart de l'agitation de Barranco, abrite la plus belle collection privée d'art colonial du Pérou.

La maison a été construite au début du vingtième siècle pour la famille Osma, dans un style néoclassique français très en vogue à Lima à cette époque : perron, colonnes, vitraux, parquets, plafonds moulurés. C'était une résidence d'été — le quartier était alors une station balnéaire. **Pedro de Osma** y a rassemblé toute sa vie des peintures, des sculptures et des pièces d'orfèvrerie, avant que la maison ne devienne un musée public.

La collection couvre les trois siècles de la vice-royauté, et son cœur est la peinture de l'**école de Cusco**. Si vous avez visité Cusco au cours de ce voyage, vous êtes en terrain connu ; sinon, voici la clé : ce sont des toiles produites par des ateliers d'artistes indigènes et métis, reconnaissables à leurs fonds sombres, à l'or appliqué en surface sur les vêtements, à l'absence de perspective profonde, et à l'infiltration constante de motifs andins dans l'iconographie chrétienne.

Deux ensembles à chercher en particulier.

Les **archanges arquebusiers**, d'abord : des anges vêtus en jeunes nobles espagnols, portant une arme à feu au lieu d'une épée, dans des poses tirées de manuels militaires. Ce sujet est une invention des Andes du Sud, il n'existe pratiquement pas en Europe, et il condense en une image toute l'ambiguïté de l'évangélisation — le messager céleste armé comme un soldat de la conquête.

Les **portraits de la noblesse inca coloniale** ensuite. Après la conquête, les descendants des lignées incas ont conservé pendant deux siècles un statut reconnu, et se sont fait représenter dans des vêtements mêlant tunique andine, franges royales et dentelle espagnole. Ces tableaux sont des documents politiques : ils affirment une continuité dynastique sous la domination espagnole.

Le musée conserve aussi une remarquable collection d'**orfèvrerie** — l'argent venait du Potosí et Lima en regorgeait — et une section consacrée à l'art du lac Titicaca.

La muséographie est soignée, les salles sont calmes, et le jardin permet de s'asseoir. Comptez une heure et demie.

Un conseil de programme : ce musée est à quinze minutes à pied du pont des Soupirs. Faites-le en début d'après-midi, puis descendez vers le pont et la bajada en fin de journée — l'ordre inverse gâche la concentration que ces tableaux demandent.