Malecón de Miraflores — Faro La Marina
Le malecón de Miraflores
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Vous êtes au bord d'une falaise de près de quatre-vingts mètres qui tombe droit sur le Pacifique. Le **malecón** de Miraflores est une succession de parcs qui la longent sur une dizaine de kilomètres, et c'est la plus belle promenade de Lima.
Un mot sur cette falaise, parce qu'elle explique la ville. Ce n'est pas de la roche : ce sont des **galets et des graviers** déposés par les rivières descendues des Andes, agglomérés en une masse instable. Elle s'érode en permanence, et les chutes de pierres sur la route côtière en contrebas sont un problème récurrent — vous verrez des filets et des grillages plaqués sur les parois. Bâtir des tours au bord d'un tel talus est un pari que les ingénieurs péruviens surveillent de près.
En bas, la **Costa Verde** : une route littorale et des plages de galets où l'on surfe toute l'année, l'eau étant froide mais régulière. Des escaliers et des passerelles permettent d'y descendre, en une vingtaine de minutes de marche.
Le long du parcours, vous croiserez le **phare de la Marine**, une tour blanche et noire déplacée ici dans les années 1970, aujourd'hui entourée de pelouses.
Levez ensuite les yeux : le ciel de Miraflores est presque toujours occupé par des **parapentes**. Le vent qui remonte la falaise crée une ascendance constante et régulière, exploitable pratiquement tous les jours de l'année. Les pilotes décollent depuis le parc, tournent au-dessus des immeubles et se posent au même endroit. Des vols en biplace sont proposés sur place, sans réservation, et durent une dizaine de minutes.
Le meilleur moment est l'heure qui précède le **coucher du soleil**. Toute la ville monte alors sur le malecón : joggeurs, cyclistes, familles, couples, vendeurs de glaces. Sachez cependant que d'avril à novembre, la brume masque souvent le soleil avant qu'il n'atteigne l'horizon — le spectacle est alors plus gris que doré.
Une observation à faire en marchant, et elle en dit long. Regardez du côté de la ville : les immeubles de trente étages et les hôtels de luxe alignés face à l'océan. Puis regardez la falaise : rien n'a été bâti dessus, tout le bord est public, parcs et chemins. Lima a beaucoup de défauts d'urbanisme, mais elle a préservé l'accès de tous à son front de mer — ce qui n'a rien d'évident et n'a pas été gagné sans luttes.