Lima

Basílica y Convento de La Merced

Basilique et couvent de La Merced

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Cette église marque l'endroit où fut célébrée la première messe de Lima, **avant même la fondation de la ville**. Les mercédaires étaient sur place dès 1534 ; Pizarro n'a tracé le damier qu'en janvier 1535.

Sa façade de granit sombre est baroque, sculptée en profondeur, et elle contraste avec le crépi clair des bâtiments voisins. Elle date du dix-huitième siècle, comme presque tout à Lima : le séisme de 1746 a servi de ligne de partage entre ce qui a survécu et ce qui a dû être refait.

L'intérieur est riche — retables dorés, nefs latérales, très belles sacristies — mais ce n'est pas ce qui attire la foule.

Ce qui attire la foule est une **croix d'argent** placée dans une chapelle latérale, dédiée au père Pedro Urraca, un religieux mercédaire du dix-septième siècle réputé pour ses visions et ses guérisons. La dévotion populaire lui attribue une efficacité particulière pour les situations sans issue : maladies graves, procès, dettes, disparitions.

Allez-y un **vendredi** si vous voulez voir Lima prier. La file s'étire jusque dans la rue, et les gens avancent lentement pour poser la main ou le front sur la croix, quelques secondes chacun, avant de laisser la place au suivant. Employés en costume, vendeuses ambulantes, familles entières, étudiants : c'est l'un des rares lieux de la ville où toutes les catégories sociales font la queue ensemble, dans le même ordre d'arrivée. L'argent de la croix est poli et légèrement creusé aux endroits touchés depuis trois siècles.

Observez, mais ne photographiez pas les visages. Ce n'est pas une attraction : c'est une pratique religieuse en cours, et souvent une demande faite dans un moment difficile.

Le **cloître** se visite séparément et il est très beau, avec une bibliothèque ancienne et des salles ornées d'azulejos. Il est nettement moins fréquenté que l'église.

L'ensemble donne directement sur le Jirón de la Unión, la rue piétonne qui relie les deux grandes places du centre. C'est un contraste saisissant : vous sortez d'une chapelle silencieuse où l'on attend son tour pour toucher une croix, et vous vous retrouvez en trois pas au milieu des enseignes lumineuses et des haut-parleurs de la rue commerçante la plus passante du Pérou.