Basílica Catedral de Lima
Cathédrale de Lima
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La cathédrale de Lima occupe l'emplacement que Pizarro lui avait assigné le jour de la fondation. Il a lui-même posé la première pierre en 1535 et transporté, dit la chronique, la première poutre sur ses épaules.
Le bâtiment actuel n'est pas celui-là. La cathédrale a été agrandie, effondrée, relevée, réeffondrée : les séismes de 1687 et surtout de **1746** l'ont détruite presque entièrement. La reconstruction a introduit une innovation qu'il faut connaître pour comprendre toute l'architecture de Lima : les voûtes ne sont plus en maçonnerie mais en **quincha**, une armature de bois et de roseau recouverte de plâtre. C'est léger, souple, et ça ne tue personne en tombant. Levez les yeux vers la voûte : ce qui ressemble à de la pierre est en réalité du roseau peint.
L'intérieur compte une quinzaine de chapelles latérales et de très belles **stalles de chœur** sculptées au dix-septième siècle par Pedro de Noguera.
Mais on vient surtout ici pour une chapelle, celle qui contient les restes de **Francisco Pizarro** — et l'histoire de ces restes est un excellent feuilleton policier.
En 1891, pour le trois-cent-cinquantième anniversaire de sa mort, on exhume un corps momifié conservé dans la cathédrale, on l'identifie comme celui du conquistador et on l'expose dans une urne de verre. Il y reste près d'un siècle.
En 1977, des ouvriers nettoyant une crypte découvrent deux boîtes de plomb. L'une contient un crâne, l'autre des ossements et une inscription : « Ici repose la tête du seigneur marquis don Francisco Pizarro ». Une équipe médico-légale internationale examine le tout au début des années 1980 et tranche : les os des boîtes portent des traces de blessures correspondant exactement au récit de son assassinat — plusieurs coups d'épée, dont un au cou. **Le corps exposé depuis 1891 n'était pas le sien.** Il a été retiré, et les vrais restes ont pris sa place.
Un mot sur le personnage, parce que la chapelle est élogieuse et que la ville l'est beaucoup moins. Pizarro a fait exécuter Atahualpa après avoir encaissé sa rançon, et il est mort assassiné dans son propre palais par le camp d'Almagro, son ancien associé. La statue équestre qui lui était consacrée sur la Plaza Mayor en a été retirée en 2003, à la demande des Liméniens.