Lima

Casa de la Literatura Peruana — Estación de Desamparados

Maison de la littérature — gare de Desamparados

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Ce bâtiment élégant, coincé derrière le palais du gouvernement, était la **gare de Desamparados**. C'est aujourd'hui la Maison de la littérature péruvienne, et l'entrée est gratuite.

La gare a été inaugurée en 1912. Sa grande verrière, ses vitraux, ses ferronneries et son escalier appartiennent à un vocabulaire européen — art nouveau, beaux-arts — importé tel quel dans une capitale qui voulait alors ressembler à Paris. Levez la tête dans le hall central : la coupole de verre coloré est la pièce maîtresse, et elle éclaire tout le bâtiment sans une seule lampe en journée.

D'ici partait le **train de la Sierra**, la ligne Lima-Huancayo. Il faut mesurer ce que représente cette ligne. Elle grimpe des Andes centrales et atteint, à son point culminant, plus de **quatre mille huit cents mètres** — pendant plus d'un siècle, ce fut le chemin de fer à voie normale le plus haut du monde. Elle a été conçue au dix-neuvième siècle par l'ingénieur polonais Ernesto Malinowski, et construite en grande partie par des travailleurs chinois, dans des conditions qui ont coûté des milliers de vies. Elle comporte des dizaines de tunnels et de ponts, et des tronçons en zigzag où le train avance puis recule pour gagner de l'altitude, faute de place pour une courbe.

La gare a cessé son service voyageurs régulier, et le bâtiment a été reconverti en 2009. Il abrite désormais des expositions permanentes sur la littérature péruvienne — César Vallejo, José María Arguedas, Mario Vargas Llosa —, une très belle bibliothèque publique, une salle de lecture pour enfants et une librairie.

C'est un endroit où l'on peut s'asseoir, au calme, gratuitement, à cinquante mètres de la Plaza Mayor. Dans un centre historique où presque tout est payant et bruyant, c'est une ressource à connaître.

Un mot sur la littérature péruvienne, si le sujet vous est étranger. **José María Arguedas**, élevé entre le quechua et l'espagnol, a écrit une œuvre entière sur l'impossibilité de faire tenir ensemble les deux Pérous. **César Vallejo** est l'un des grands poètes du vingtième siècle en langue espagnole, mort à Paris dans la misère. Et **Mario Vargas Llosa**, prix Nobel de littérature, a passé une partie de sa jeunesse à Arequipa et à Lima. Les expositions les présentent en espagnol ; le lieu, lui, se comprend sans traduction.