Arequipa

Museo Santuarios Andinos

Musée des Sanctuaires andins (momie Juanita)

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Le Museo Santuarios Andinos abrite ce qui est sans doute la pièce archéologique la plus troublante du Pérou : la momie que l'on appelle Juanita, ou la Dama de Ampato.

Le 8 septembre 1995, l'archéologue américain Johan Reinhard et l'andiniste péruvien Miguel Zárate gravissent le nevado Ampato, à six mille trois cent dix mètres. Une éruption voisine du Sabancaya a couvert le sommet de cendres sombres ; la neige, absorbant la chaleur, a fondu, et la calotte glaciaire a reculé. En redescendant, ils aperçoivent un ballot de textiles émergeant du sol. À l'intérieur se trouve le corps d'une adolescente, congelé depuis cinq siècles, accompagné de statuettes d'or et d'argent et de coquillages spondylus venus de la côte équatorienne.

Son état de conservation est exceptionnel — les tissus, les cheveux, les organes internes sont intacts. Cela a permis des analyses impossibles sur une momie ordinaire : on sait ce qu'elle a mangé dans ses dernières semaines, on a identifié la cause de sa mort, et on a pu reconstituer son visage en trois dimensions.

Elle avait entre quatorze et quinze ans. Elle est morte d'un coup porté à la tête, dans le cadre d'un rituel inca appelé capacocha : une cérémonie d'État où des enfants choisis pour leur perfection physique étaient conduits au sommet des montagnes sacrées et offerts aux apus, les esprits des sommets. Ce n'était pas un châtiment. Les familles concernées y gagnaient un prestige considérable, et l'enfant était considéré comme entrant au service des dieux — ce qui rend la scène plus difficile à regarder, pas moins.

Elle est conservée dans une capsule réfrigérée à moins vingt degrés, dans une salle sombre à la fin du parcours. La visite se fait accompagnée, et la momie n'est visible que quelques mois par an, quand elle n'est pas en conservation.

Prenez le temps de regarder d'abord les objets qui l'accompagnaient, exposés avant elle : les statuettes minuscules, les textiles, les coquillages. Ce sont eux qui disent le mieux ce dont il s'agit. Le spondylus, en particulier, venait de mers chaudes situées à plus de mille cinq cents kilomètres au nord. Amener ce coquillage jusqu'à six mille mètres d'altitude pour l'enterrer avec une enfant donne la mesure de ce que cette cérémonie représentait.