Arequipa

Monasterio de Santa Teresa

Monastère de Sainte-Thérèse

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Le Monasterio de Santa Teresa est un couvent de carmélites déchaussées, fondé en 1710 et habité sans interruption depuis. Ce dernier point est ce qui le distingue de tout ce que vous verrez d'autre à Arequipa : ce n'est pas un monument restauré, c'est une communauté encore en activité, qui a ouvert une partie de sa maison.

Les carmélites déchaussées suivent la réforme de Thérèse d'Ávila, au seizième siècle : une règle stricte, un dépouillement recherché, et surtout la clôture — les religieuses ne sortent pas et ne reçoivent pas. Comparez avec le Monasterio de Santa Catalina, où les religieuses issues des grandes familles disposaient de servantes et de leur propre maison. Les deux couvents sont à quelques rues l'un de l'autre, contemporains à un siècle près, et illustrent deux conceptions radicalement opposées de la vie religieuse féminine. Visiter les deux, dans cet ordre, éclaire l'un par l'autre.

Le musée n'a ouvert que le 16 juin 2005, dans l'ancien cloître des offices — la partie utilitaire du couvent, celle des ateliers et des réserves. Une douzaine de salles y présentent la collection accumulée par la communauté depuis trois siècles : peintures de l'école de Cusco, sculptures polychromes, orfèvrerie, mobilier, objets liturgiques. Ce sont des pièces qui n'ont jamais quitté les lieux, jamais été vendues ni dispersées, et c'est ce qui donne sa cohérence à l'ensemble.

La visite se fait obligatoirement accompagnée, ce qui déroute parfois, mais se comprend : on traverse une maison habitée.

Deux choses à retenir. D'abord, les religieuses vivent toujours de l'autre côté du mur, en clôture. Vous ne les verrez pas. Ensuite, elles fabriquent et vendent des confiseries traditionnelles — la vente se fait par un tour, ce meuble tournant encastré dans le mur qui permet de faire passer des objets sans que personne ne se voie. Achetez quelque chose : c'est l'un des rares gestes qui vous met en contact direct, quoique invisible, avec une pratique inchangée depuis trois siècles.

Prévoyez une heure environ. C'est moins spectaculaire que Santa Catalina, plus intime, et probablement plus proche de ce qu'était réellement la vie conventuelle.