Arequipa

Iglesia de San Agustín

Église de Saint-Augustin

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L'Iglesia de San Agustín présente sur la rue l'un des plus beaux portails sculptés d'Arequipa — et cache à l'intérieur une pièce qui vaut à elle seule la visite.

Commencez par la façade. Le portail est un morceau de baroque mestizo de premier ordre : colonnes torses, profusion de motifs végétaux, figures mêlant le vocabulaire européen et le répertoire andin, le tout taillé dans le sillar avec une profondeur de relief que seule cette pierre tendre autorise. Prenez le temps de suivre une colonne du bas vers le haut : le motif ne se répète jamais exactement.

Puis entrez, et demandez la **sacristie**. C'est la pièce essentielle, et beaucoup de visiteurs repartent sans l'avoir vue.

Son intérêt est d'abord historique. Le séisme de 1868 a dévasté cette église comme il a dévasté la ville — la nef s'est effondrée, la structure a dû être largement reconstruite. La sacristie, elle, a tenu. C'est l'une des rares pièces d'Arequipa à nous être parvenue dans son état antérieur à cette catastrophe, et elle est considérée comme le plus remarquable exemple régional de ce type de construction.

Elle est de plan octogonal, couverte d'une coupole. Placez-vous au centre et levez la tête : la voûte est entièrement décorée, et l'espace, ramassé et haut à la fois, produit un effet acoustique très particulier. C'est une pièce conçue pour une poignée de personnes, à l'écart de la nef publique — l'endroit où les religieux se préparaient, et où l'on rangeait les objets précieux.

Le retable principal de l'église, quant à lui, est postérieur et de style néoclassique, avec un travail de sculpture soigné rehaussé d'or. Ce mélange — portail baroque du dix-huitième siècle, sacristie ancienne, autels néoclassiques du dix-neuvième — n'est pas une incohérence de goût. C'est la signature d'un bâtiment reconstruit par morceaux, à chaque fois selon la mode du moment, après chaque séisme.

Un détail à chercher avant de repartir, sur le portail : parmi les motifs végétaux se glissent des visages et des masques dont l'origine n'est pas européenne. On les trouve à hauteur d'yeux, sur les parties latérales — un dernier clin d'œil des tailleurs de pierre locaux.