Ruta del Sillar — canteras de Añashuayco
Ruta del Sillar — carrières d'Añashuayco
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Vous êtes à la source. Toute la ville blanche que vous avez parcourue — les portails sculptés, les voûtes épaisses, les cloîtres de Santa Catalina — est sortie de cette quebrada, ce ravin sec ouvert dans le désert au nord-ouest d'Arequipa.
Le sillar, c'est une ignimbrite : de la cendre volcanique projetée brûlante par les éruptions anciennes, retombée en nappes épaisses, et soudée en une roche tendre en refroidissant. Les parois autour de vous, ce sont ces nappes, tranchées net par les carriers. Regardez leur hauteur : par endroits une vingtaine de mètres de pierre blanche à nu.
Ce qui frappe ici, c'est que l'extraction se fait encore largement à la main. Les carriers — les canteros — entaillent la roche à la barre à mine, tracent les faces d'un bloc, puis le détachent par des coins enfoncés dans la fente. Pas de machine sur les fronts de taille traditionnels, pas d'explosifs : la roche est trop tendre, elle éclaterait. Un homme extrait quelques dizaines de blocs dans sa journée, dans une poussière blanche qui recouvre tout, les outils, les vêtements, les cheveux.
C'est un métier dur et mal payé, et c'est une chose à garder en tête quand on admire une façade du centre : chaque bloc de ces murs a été taillé dans cette position, par quelqu'un, à la main.
Les parois du ravin portent aussi des **sculptures monumentales taillées à même la roche** — visages, scènes andines, motifs empruntés aux façades de la ville. Elles sont l'œuvre de sculpteurs locaux et ne datent pas de l'époque coloniale : c'est une appropriation récente du lieu, une manière de dire que la carrière n'est pas qu'un chantier.
Prenez un moment pour comparer une paroi fraîchement taillée et un mur du centre historique. La pierre sort d'ici presque blanche, un peu crémeuse. En ville, quatre siècles d'air, de pluie et de poussière l'ont patinée en gris, en ocre, parfois en noir. C'est la même roche, à deux cents ans d'écart.
Un mot pratique : il n'y a aucune ombre et l'air est chargé de poussière minérale. Chapeau et eau, et évitez le milieu de journée.