Arequipa

Quebrada de Culebrillas

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Culebrillas veut dire « les petits serpents », et le nom se comprend dès qu'on entre : le ravin ne va pas droit. Il ondule, se resserre, se rouvre, et ses parois dessinent une succession de courbes qui se répondent d'un côté à l'autre.

Ces ondulations ne sont pas l'œuvre des carriers. C'est l'eau qui les a creusées, sur des milliers d'années, dans une roche assez tendre pour se laisser faire. Le sillar cède au ruissellement comme du plâtre — c'est exactement pour cette raison qu'il se taille au ciseau, et c'est aussi pourquoi les toits d'Arequipa sont voûtés plutôt que couverts de tuiles.

La différence la plus visible avec les carrières d'Añashuayco tient à la couleur. Le sillar est ici **rose plutôt que blanc**, teinté par le fer contenu dans la cendre d'origine. On le retrouve dans certaines façades du centre, en encadrements ou en bandeaux, là où les bâtisseurs ont voulu un contraste sans changer de matériau. Si vous êtes déjà passé devant l'église de la Compagnie ou le portail de San Agustín, vous avez vu de cette pierre-là.

Le passage le plus étroit se franchit à pied, entre deux murs qui montent bien au-dessus de la tête. Levez les yeux : la lumière du fond du ravin est réfléchie par la roche claire, et selon l'heure elle passe du rose pâle à l'orangé franc. En fin d'après-midi, l'effet est saisissant, et c'est le moment que choisissent la plupart des visites.

Une chose à observer, si vous voulez comprendre le lieu en un coup d'œil : cherchez l'endroit où une paroi naturelle, arrondie et irrégulière, rencontre une paroi taillée, plate et anguleuse. La frontière est nette. D'un côté le travail de l'eau, de l'autre celui de l'homme, dans la même roche et à quelques pas d'écart.

Le sol est sablonneux et le fond du ravin peut retenir de l'eau pendant la saison des pluies, de décembre à mars. Des chaussures fermées valent mieux que des sandales.