Arequipa

Palacio de Goyeneche

Palais Goyeneche

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Le Palacio de Goyeneche est l'une des grandes demeures du centre d'Arequipa, et son nom raconte l'une des familles les plus puissantes du Pérou des dix-huitième et dix-neuvième siècles.

Les Goyeneche, d'origine basque, ont fait fortune dans le commerce colonial puis se sont illustrés dans l'Église, l'armée et la finance, à Arequipa comme en Espagne. Leur nom reste attaché ici à de nombreuses fondations — un hôpital, des institutions charitables, des dons d'œuvres d'art. Cette demeure fut leur résidence arequipeña.

L'édifice est de facture plus tardive et plus sobre que la Casa del Moral ou la Casona Tristán del Pozo. Le portail reste travaillé, mais on sent le glissement vers un goût néoclassique : les lignes se calment, la profusion baroque cède du terrain à la régularité. Comparer les trois maisons dans cet ordre — Moral, Tristán del Pozo, puis celle-ci — donne un bon aperçu de l'évolution du goût arequipeño sur un siècle.

L'organisation, elle, reste immuable : le zaguán qui traverse le mur épais, la cour d'honneur, les pièces de réception au rez-de-chaussée, les cours secondaires en arrière. C'est un plan qu'on retrouve d'une maison à l'autre, avec une constance qui tient à la fois à la tradition espagnole et aux contraintes locales — on bâtit bas, épais, et autour d'un vide central qui apporte lumière et ventilation sans ouvrir sur la rue.

La demeure a longtemps abrité des institutions publiques et accueille aujourd'hui des espaces d'exposition, ce qui permet d'accéder aux cours. Vérifiez les horaires : l'accès dépend de l'activité en cours, et le bâtiment n'a pas la régularité d'ouverture d'un musée classique.

Une remarque en repartant. Vous aurez peut-être noté que plusieurs de ces grandes maisons appartiennent aujourd'hui à des banques ou à des institutions. Ce n'est pas anodin : l'entretien d'une casona en sillar — une pierre poreuse qui s'érode, dans une ville sismique — coûte cher, et ces demeures ont survécu en grande partie parce que des propriétaires institutionnels avaient les moyens de les restaurer. Le revers est qu'on visite souvent des halls d'accueil plutôt que des intérieurs meublés.