Arequipa

Museo Municipal

Musée municipal

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Le Museo Municipal occupe un bâtiment donnant sur la Plaza San Francisco et retrace l'histoire d'Arequipa depuis la fondation jusqu'au vingtième siècle. C'est un musée modeste, peu fréquenté, et il rend un service que les monuments religieux ne rendent pas : il raconte la ville comme entité politique, pas seulement comme ensemble architectural.

C'est là que prend forme une chose qu'on ne comprend pas en visitant les églises — le caractère frondeur d'Arequipa. La ville s'est soulevée à répétition contre le pouvoir central de Lima, au point que les révoltes arequipeñas sont un motif récurrent de l'histoire péruvienne du dix-neuvième siècle. Plusieurs présidents et caudillos en sont issus, et la formule plaisante de « République indépendante d'Arequipa » vient de cette accumulation.

Les collections mêlent peintures, portraits de personnalités locales, documents, mobilier, photographies anciennes et objets de la vie quotidienne. Les photographies sont le fonds le plus parlant : elles montrent la ville avant et après les séismes majeurs, les rues encore en terre, les tramways, les églises effondrées. Après avoir vu des façades restaurées toute la journée, voir la Catedral en ruines sur un cliché de 1868 remet les choses en place.

Une salle est consacrée à la guerre du Pacifique, le conflit qui opposa le Pérou et la Bolivie au Chili entre 1879 et 1883, et qui coûta au Pérou sa province salpêtrière du sud. C'est un épisode encore sensible, et sa lecture ici est nettement patriotique — ce qui est en soi une information sur la façon dont le pays se raconte.

Ne venez pas en attendant une scénographie moderne : l'accrochage est classique, les cartels sont en espagnol, et l'ensemble a le charme un peu daté des musées municipaux. Comptez trois quarts d'heure, et voyez-le comme un complément.

Le meilleur moment pour le faire est en fin de séjour, quand vous aurez déjà arpenté la ville. Les noms sur les portraits et les rues des photographies vous diront alors quelque chose, et le musée cesse d'être une liste pour devenir la clé d'un ensemble que vous connaissez. Fait le premier jour, il n'accroche pas ; fait le dernier, il relie tout.