Arequipa

Museo del Banco Central de Reserva

Musée de la Banque centrale

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Le Museo del Banco Central de Reserva occupe un bâtiment de la Plaza de Armas et se visite gratuitement. C'est un musée court, bien fait, et sa collection numismatique offre un angle que ne donne aucun autre lieu de la ville : l'histoire du Pérou racontée par sa monnaie.

L'idée paraît austère, elle est en réalité très parlante. Suivez la succession des pièces et vous suivrez la succession des régimes. Les monnaies coloniales frappées à l'effigie des rois d'Espagne, avec l'argent extrait de Potosí — cet argent qui transitait précisément par Arequipa en descendant vers la côte. Puis les premières émissions de la République après l'indépendance de 1821, où l'iconographie change du tout au tout : disparition du souverain, apparition d'allégories de la Liberté, de l'écu national, du lama et de l'arbre à quinquina. Puis les changements d'unité successifs — le sol, l'inti, le nuevo sol — chacun correspondant à une crise monétaire.

Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il touche à une mémoire encore vive. À la fin des années 1980, le Pérou a connu une hyperinflation qui a atteint des taux à quatre chiffres : les prix doublaient en quelques semaines, la monnaie perdait sa valeur avant d'être dépensée. Le musée expose des billets de cette période, avec leurs alignements de zéros. Regardez-les en gardant en tête que les personnes que vous croisez dans la rue et qui ont plus de quarante ans ont vécu cela.

Le musée présente également des pièces archéologiques pré-hispaniques et un ensemble de peintures, dont des œuvres de l'école de Cusco — ces toiles coloniales où les vierges portent des robes en forme de montagne et où l'or est appliqué en surcharge sur les tissus.

Comptez une petite heure. C'est un bon choix pour une fin de matinée ou un moment de forte chaleur : le bâtiment est frais, l'entrée est libre, et il se trouve à quelques mètres de la place.

Un conseil pour rentabiliser la visite : demandez à l'accueil s'il y a une exposition temporaire en cours. Ces institutions bancaires financent des accrochages souvent bien montés, qui ne sont annoncés nulle part ailleurs.