Arequipa

Fundo El Fierro

Fundo El Fierro (artisanat)

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Le Fundo El Fierro est une ancienne demeure coloniale reconvertie en marché d'artisanat, ouverte sur la Plaza San Francisco. C'est l'endroit le plus agréable d'Arequipa pour acheter du textile, et un bâtiment qui vaut le coup d'œil même sans rien acheter.

L'édifice date du dix-huitième siècle. Il suit le plan habituel des grandes maisons d'ici — cour centrale entourée de galeries, murs épais de sillar, pièces voûtées — mais il a la particularité d'avoir été conçu comme un tambo. Ces établissements servaient de relais sur les routes commerciales : on y remisait les marchandises, on y logeait les muletiers, on y parquait les bêtes. Arequipa se trouvait sur l'axe qui descendait l'argent du Haut-Pérou vers les ports du Pacifique, et la ville comptait plusieurs de ces entrepôts-auberges.

Cette origine explique la forme du lieu : une grande cour dégagée, entourée de petites cellules régulières ouvrant toutes dessus. Ce qui servait à ranger des ballots convient parfaitement à des échoppes, et la reconversion s'est faite sans dénaturer le bâtiment.

Aujourd'hui, une cinquantaine de stands s'y répartissent : textiles en alpaga, tapis, céramiques, bijoux en argent, instruments de musique, objets en cuir. Les prix y sont généralement plus raisonnables que dans les boutiques de la Plaza de Armas, et l'ambiance nettement plus calme que dans les rues commerçantes.

Quelques repères pour acheter. La négociation se pratique, mais avec mesure : proposer la moitié du prix affiché est mal vu, viser dix à vingt pour cent de remise est raisonnable. Vérifiez la fibre au toucher — l'alpaga véritable est doux mais légèrement irrégulier, l'acrylique est parfaitement lisse et froid. Et méfiez-vous de la mention « baby alpaca », qui désigne la finesse de la fibre et non l'âge de l'animal : c'est une appellation courante, souvent employée à tort.

Prenez le temps de lever les yeux vers les galeries et les voûtes pendant que vous circulez entre les stands. Sous la marchandise, le tambo est intact — c'est l'un des rares endroits du centre où l'on peut voir de près comment ces bâtiments utilitaires étaient construits, sans le vernis des demeures restaurées par les banques.