Claustros de la Compañía
Cloîtres de la Compagnie
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Juste à côté de l'église, les Claustros de la Compañía forment un des espaces les plus agréables du centre d'Arequipa — et l'un des rares où l'on peut s'asseoir dans un monument colonial sans avoir l'impression de visiter un musée.
Ce sont les anciens cloîtres du collège jésuite, deux cours à galeries superposées, bâties dans le même sillar blanc que l'église voisine. Les jésuites ont été expulsés de tous les territoires espagnols en 1767 sur ordre du roi Charles III, et leurs biens confisqués : ces bâtiments ont ensuite connu des usages successifs — caserne, école, bureaux — avant d'être restaurés et rendus au public.
Regardez les piliers et les arcs de la galerie. Le décor sculpté reprend le vocabulaire de la façade de l'église, en plus sobre : rosaces, motifs végétaux, figures mêlant l'européen et l'andin. Cherchez notamment les têtes et les masques dissimulés dans les entrelacs — ils ne sont pas au même endroit d'un pilier à l'autre, et les repérer est un bon prétexte pour faire lentement le tour de la galerie.
L'ensemble illustre une logique architecturale qu'on retrouve dans tout Arequipa : les arcs sont larges mais bas, les piliers épais, les proportions ramassées. Comparez mentalement avec un cloître européen de la même époque, tout en élancement et en légèreté — ici, on a délibérément renoncé à la hauteur. Dans une ville qui a été renversée par les séismes de 1582, 1687 et 1868, la survie prime sur l'élégance.
Aujourd'hui, les galeries abritent des boutiques d'artisanat, des ateliers de textile en alpaga et quelques cafés installés sous les arcades. Ce mélange de commerce et de patrimoine choque parfois les visiteurs ; il correspond pourtant assez bien à ce que ces cours ont toujours été, des lieux de passage et d'activité plutôt que de recueillement.
C'est enfin l'un des meilleurs endroits de la ville pour une pause. La cour intérieure est ombragée, les murs épais gardent la fraîcheur, et le bruit de la circulation disparaît complètement dès qu'on a franchi le porche — une différence que vous entendrez immédiatement en entrant.