Basílica Catedral de Arequipa
Cathédrale d'Arequipa
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La Basílica Catedral de Arequipa occupe tout le côté nord de la Plaza de Armas — près de cent mètres de façade en sillar blanc, rythmée de soixante-dix colonnes et fermée aux deux extrémités par une tour. C'est l'une des rares cathédrales au monde à s'étendre ainsi sur la totalité d'un côté de place.
Son style tranche avec le reste du centre historique. Là où les églises voisines débordent de sculptures baroques, la Catedral est néoclassique : lignes droites, colonnes régulières, ornementation sobre. La raison est chronologique. L'édifice que vous voyez date pour l'essentiel du milieu du dix-neuvième siècle, quand le néoclassicisme régnait — le bâtiment précédent, baroque, avait été détruit.
Car cette cathédrale est surtout une histoire de destructions et de reconstructions, et c'est ce qui la rend intéressante. Un incendie l'a ravagée en 1844. Reconstruite, elle a été gravement endommagée par le séisme de 1868. Reconstruite à nouveau, elle a tenu jusqu'au 23 juin 2001 : ce jour-là, un séisme de magnitude supérieure à huit a fait basculer l'une de ses deux tours, qui s'est effondrée sur le parvis, tandis que l'autre s'inclinait dangereusement. Les images ont fait le tour du monde. Les tours ont été relevées à l'identique et rendues au culte deux ans plus tard.
Regardez-les maintenant en sachant cela : elles ont moins de vingt-cinq ans. Rien ne le laisse deviner, et c'est précisément le savoir-faire qu'on a voulu démontrer — retailler du sillar aux mêmes dimensions, avec les mêmes outils, pour que la réparation reste invisible.
À l'intérieur, deux pièces sortent de l'ordinaire, toutes deux importées d'Europe à la fin du dix-neuvième siècle : une chaire en bois sculptée en Belgique, portée par une figure de démon aux ailes déployées, et un grand orgue venu lui aussi de Belgique, longtemps présenté comme l'un des plus imposants d'Amérique du Sud.
Un détail à chercher depuis la place, avant d'entrer : les deux arcs qui encadrent la façade sur les côtés. Ils ne mènent nulle part et ne soutiennent rien. Ils servent uniquement à prolonger visuellement la façade jusqu'aux angles de la place, pour que la cathédrale paraisse en occuper toute la largeur. C'est un décor d'architecte, et il fonctionne remarquablement bien.