Arequipa

Casona Ugarte

Demeure Ugarte

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La Casona Ugarte est l'une des demeures coloniales du centre historique, à courte distance de la Plaza de Armas. Elle est moins connue que la Casa del Moral ou la Casona Tristán del Pozo, et c'est justement pour cette raison qu'elle mérite un arrêt : on y voit une maison arequipeña sans la mise en scène muséale.

Le bâtiment reprend tous les traits du type. Un portail sculpté en sillar sur la rue, seul élément décoratif de la façade. Un zaguán, ce passage voûté traversant l'épaisseur du mur, qui coude légèrement pour qu'on ne voie pas la cour depuis la rue. Puis le patio, autour duquel s'ouvrent les pièces principales, toutes couvertes de voûtes en berceau ou de coupoles surbaissées.

Arrêtez-vous sur cette question des voûtes, car elle est la signature d'Arequipa et on finit par ne plus la voir. Dans presque toute l'Amérique coloniale, on couvrait les maisons avec une charpente de bois et des tuiles. Ici, non : on voûte en pierre. La raison est double. Le bois est rare dans cette région désertique, alors que le sillar est sur place et facile à tailler. Et surtout, une voûte de pierre correctement contrebutée résiste aux séismes bien mieux qu'une charpente, qui se disloque et s'effondre. Les maisons d'Arequipa sont donc, littéralement, des maisons en pierre de part en part — sols, murs et plafonds.

Cette technique a un coût : ces voûtes sont lourdes, ce qui impose des murs très épais, souvent plus d'un mètre, et limite la hauteur. D'où la silhouette basse et trapue de tout le centre historique, où l'on ne compte quasiment aucun bâtiment colonial de plus d'un étage.

L'usage actuel de la maison varie selon les périodes — commerces, bureaux, espaces culturels — et l'accès dépend de ce qui s'y trouve installé. Poussez la porte si elle est ouverte ; sinon, le portail se regarde depuis la rue.

Un détail à chercher si vous entrez : les niches creusées dans l'épaisseur des murs. Dans des parois d'un mètre, on ne perce pas seulement des portes, on aménage des rangements — c'est une conséquence pratique de l'antisismique que l'on ne remarque jamais dans les brochures.