Arequipa

Campiña de Arequipa y andenes de Paucarpata

La campagne d'Arequipa et les terrasses de Paucarpata

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La campiña, c'est la ceinture cultivée qui entoure Arequipa, et c'est elle qui explique pourquoi une ville a pu naître ici. Autour, le désert. Ici, de l'eau descendue des volcans, captée et répartie sur des terrasses depuis bien avant l'arrivée des Espagnols.

Ces terrasses s'appellent des andenes. Ce sont des plateformes horizontales retenues par des murs de pierre sèche, étagées sur les pentes. Le principe est simple et redoutablement efficace : on transforme un versant, où l'eau file et la terre part, en une série de paliers plats où l'eau s'attarde et le sol reste. Les murs emmagasinent aussi la chaleur du jour et la restituent la nuit, ce qui protège les cultures du froid en altitude.

Le nom de Paucarpata vient du quechua et évoque précisément ces terrasses. Et le point remarquable, c'est qu'elles ne sont pas un vestige : **on y cultive encore**, tous les jours. Oignon, ail, maïs, pommes de terre, luzerne pour le bétail. Si vous avez mangé un rocoto relleno ou bu un jus au marché San Camilo, la matière première venait probablement d'un de ces paliers.

Prenez le temps d'observer un mur de soutènement de près. Les pierres sont posées sans mortier, calées les unes contre les autres, avec les plus grosses en bas. Certains de ces murs sont debout depuis des siècles et n'ont jamais été refaits — ils ont simplement été entretenus, génération après génération.

Paucarpata porte aussi un souvenir historique que peu de visiteurs connaissent. C'est ici qu'a été signé, en 1837, le traité de Paucarpata, qui mettait fin à une première campagne chilienne contre la Confédération péruvio-bolivienne. Le traité a été désavoué au Chili peu après et la guerre a repris — mais le nom de ce village de terrasses figure dans les manuels d'histoire des deux pays.

Un conseil : venez tôt. Le matin, la lumière est rasante sur les paliers, les volcans sont dégagés, et les gens sont dans les champs. En milieu d'après-midi, la brume monte souvent de la vallée et efface le Misti.