Barrio San Lázaro
Quartier San Lázaro
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Vous entrez dans le Barrio San Lázaro, le plus ancien quartier d'Arequipa. C'est ici que les Espagnols se sont installés en 1540, avant même de tracer la ville régulière que vous venez de parcourir.
La différence saute aux yeux, et c'est tout l'intérêt de l'endroit. Le centre d'Arequipa suit un plan en damier, hérité du modèle imposé dans toute l'Amérique espagnole : des rues droites, se coupant à angle droit, autour d'une place centrale. San Lázaro échappe complètement à cette règle. Les ruelles y sont étroites, courbes, en pente, changeant de largeur, ouvrant sur de minuscules places sans logique apparente. On s'y perd, et c'est normal : ce tissu n'a pas été dessiné, il a poussé.
Ces passages portent un nom local, les callejones. Certains sont si resserrés qu'on y passe à peine à deux de front, entre des murs de sillar blanchis à la chaux d'où débordent des bougainvillées. C'est le décor le plus photographié d'Arequipa après Santa Catalina, et il n'a rien de reconstitué.
Une remarque utile : ce quartier était traversé par une acequia, un canal d'irrigation d'origine pré-hispanique amenant l'eau depuis le río Chili. Les premiers Espagnols ne se sont pas installés ici par hasard, mais parce que l'eau y arrivait déjà. Le tracé sinueux des ruelles suit en partie celui de ces canaux — voilà pourquoi il ignore le damier : il lui est antérieur.
Prenez le temps de marcher sans but pendant vingt minutes. C'est l'un des rares endroits du centre historique où l'on croise surtout des habitants, où les portes ouvertes donnent sur des cours privées, et où l'on entend des conversations plutôt que des groupes guidés. Levez les yeux régulièrement : entre deux murs blancs, la silhouette du Misti apparaît au bout de nombreuses ruelles, cadrée comme un tableau.
Un conseil pratique : le quartier est sûr en journée et très agréable en fin d'après-midi, quand la lumière rase les murs blancs. Le soir, préférez les rues principales — non par danger particulier, mais parce que l'éclairage y est faible et qu'on s'y perd facilement.
L'église du quartier, la petite Iglesia de San Lázaro, fait l'objet d'un commentaire séparé.