Baños termales de Yura
Bains thermaux de Yura
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Yura se trouve à une trentaine de kilomètres au nord-ouest d'Arequipa, au pied du Chachani, et l'on y vient pour la même raison depuis très longtemps : l'eau qui sort du sol.
Cette eau est chauffée en profondeur par le système volcanique et remonte chargée de minéraux — fer, soufre, magnésium selon les sources. Chaque bassin a son nom et sa composition propre : les sources ne se mélangent pas, et les habitués savent laquelle ils viennent chercher. Une eau ferrugineuse laisse d'ailleurs une trace visible : cherchez les dépôts orangés sur la pierre autour des arrivées d'eau, c'est du fer qui précipite au contact de l'air.
Une précision qui évite les déceptions : **l'eau est tiède, pas brûlante.** On n'est pas dans un bain fumant à quarante degrés. C'est une immersion douce, plus proche d'une piscine agréablement tempérée que d'un onsen japonais. La réputation du lieu tient à la composition minérale de l'eau, pas à sa température.
Yura a connu son heure de gloire dans la première moitié du vingtième siècle, quand le thermalisme était à la mode dans toute l'Amérique latine et que la bourgeoisie arequipeña y montait en villégiature. L'architecture des installations garde la trace de cette époque, avec des bassins maçonnés et des pavillons dont le style tranche avec le paysage minéral alentour.
Autour, c'est un décor de haute vallée sèche, dominé par la masse du Chachani. Les jardins et les eucalyptus autour des bassins sont une oasis entièrement due à ces sources : montez de cinquante mètres et il n'y a plus que de la roche et des cactus.
Sur place, l'ambiance est populaire et familiale, surtout le week-end, quand les Arequipeños viennent en famille pour la journée. C'est une bonne raison d'y aller en semaine si vous cherchez le calme, et une bonne raison d'y aller le dimanche si vous cherchez le contraire.
Pratique : prévoyez maillot, serviette et sandales, on ne trouve pas tout sur place. Et gardez en tête l'altitude, autour de deux mille cinq cents mètres — un bain chaud prolongé s'y ressent davantage qu'au niveau de la mer.